Les Algériens dans la rue pour un 13e vendredi consécutif contre le "système"

"Pas d'Etat militaire", "Non aux élections" du 4 juillet, ont notamment scandé les manifestants dans les rues d'Alger.

Des Algériens manifestent, le 17 mai 2019, devant la Grande Poste à Alger.
Des Algériens manifestent, le 17 mai 2019, devant la Grande Poste à Alger. (RYAD KRAMDI / AFP)

Des milliers d'Algériens se sont rassemblés, vendredi 17 mai dans le centre d'Alger, pour un 13e vendredi de manifestations dans le pays, où le mois de jeûne du ramadan n'a pas entamé la mobilisation. La police s'est déployée en nombre à Alger et interdit notamment, avec des véhicules et des policiers munis de boucliers, l'accès au parvis et aux marches de la Grande Poste, lieu symbolique pour les manifestants.

"Honte à vous policiers", ont crié des manifestants, selon un journaliste de l'AFP, dans une ambiance tendue, marquée par quelques bousculades. Selon des sites d'information et des internautes sur les réseaux sociaux, les policiers ont pulvérisé à la mi-journée des gaz lacrymogènes pour éloigner les manifestants essayant de forcer le passage.

"Pas d'Etat militaire"

Des barrages filtrants ont par ailleurs été installés par les forces de l'ordre sur certains axes routiers menant à Alger, a raconté à l'AFP Ali, commerçant venu de Bordj Menaïel, à 60 km à l'est de la capitale. Un dispositif similaire a été mis en place aux entrées de Bordj Bou Arreridj, localité particulièrement mobilisée depuis le début du mouvement du 22 février, à 150 km au sud-est de la capitale, selon des médias algériens.

"Non aux élections" prévues le 4 juillet pour élire un successeur au président Abdelaziz Bouteflika, peut-on lire sur certaines pancartes. Après vingt ans à la tête de l'Algérie, l'ancien chef de l'Etat a été contraint de démissionner le 2 avril sous les pressions conjuguées du mouvement inédit de contestation et de l'armée. Les manifestants réclament également à hauts cris un "Etat civil".

"Pas d'Etat militaire", martèlent-ils alors que l'armée est revenue au centre du jeu politique, après avoir contribué de façon décisive au départ du président Bouteflika, faisant de facto de son chef d'état-major, le général Ahmed Gaïd Salah, l'homme fort du pays.