"Il faut que la France cesse de soutenir le régime de la dictature de Bouteflika", demande le candidat à la présidentielle en Algérie, Rachid Nekkaz

L'homme d'affaires Rachid Nekkaz, candidat déclaré à l'élection présidentielle en Algérie, a expliqué, mercredi sur franceinfo, que "toute l'Algérie sait que la France protège légalement les biens et les comptes bancaires des dignitaires algériens en France".

Rachid Nekkaz, à Alger, le 3 mars 2019.
Rachid Nekkaz, à Alger, le 3 mars 2019. (RYAD KRAMDI / AFP)

En Algérie, les électeurs sont appelés aux urnes le 18 avril 2019 pour désigner le nouveau chef de l'Etat. Depuis l'annonce de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat, un mouvement de contestation massif est né dans le pays. L'homme d'affaires Rachid Nekkaz, candidat déclaré à l'élection présidentielle, était l'invité de franceinfo, mercredi 6 mars.

franceinfo : Vous voulez être président de l'Algérie ?

Rachid Nekkaz : J'ai déjà été candidat en 2014 dans mon pays. En 2016, la constitution a été changée afin de m'écarter nommément de la course à la présidentielle d'avril 2019. J'ai eu trois ans pour me préparer à un coup de force constitutionnel du régime en place. Et je n'ai pas été déçu. Lorsque je suis arrivé pour déposer mon dossier de candidature le 3 mars dernier, on m'a dit qu'ils ne pouvaient pas recevoir mon dossier de candidature parce que j'avais été français par le passé. Ce qui est illégal. J'avais prévu le coup. C'est la raison pour laquelle j'ai demandé quelques minutes de réflexion afin de présenter le dossier de candidature de mon cousin homonyme, qui s'appelle aussi Rachid Nekkaz et qui n'a jamais été français ou américain de sa vie.

Comment observez-vous ce qui se passe dans les rues d'Alger ?

Depuis 10 jours, je suis placé en résidence surveillée illégale. Je n'ai pas le droit de quitter, ou mon village, ou mon bureau d'Alger. Hier [mardi], j'ai voulu organiser une conférence de presse à la grande poste d'Alger où il y a mon bureau. J'en ai été empêché. J'ai été violemment interpellé par la brigade spéciale algérienne. La situation est très délicate aujourd'hui, mais il y a de l'espoir. L'espoir vient de la jeunesse algérienne qui aujourd'hui n'a plus peur de ce régime en place. La jeunesse veut un changement pacifique, paisible. Pour cela, il faut que la France cesse de soutenir le régime de la dictature de Bouteflika de façon à ce que le régime en place puisse partir sans violence et permettre des élections libre le 18 avril.

C'est la France qui empêche une transition politique en Algérie ?

Toute l'Algérie sait que la France protège légalement les biens et les comptes bancaires des dignitaires algériens en France. Si la présidence de la République française dit clairement qu'elle ne soutiendra plus cette dictature algérienne, je peux vous garantir qu'en 48 heures, le régime en place va quitter le pouvoir.