Algérie : le président du Conseil constitutionnel Tayeb Belaiz a remis sa démission

Il s'agit de l'une des principales figures du régime visées par les manifestants algériens.

Alors ministre de l\'Intérieur, Tayeb Belaiz donne une conférence de presse le 18 avril 2014 à Alger (Algérie), pour communiquer les résultats de l\'élection présidentielle.
Alors ministre de l'Intérieur, Tayeb Belaiz donne une conférence de presse le 18 avril 2014 à Alger (Algérie), pour communiquer les résultats de l'élection présidentielle. (FAROUK BATICHE / AFP)

C'est un départ hautement symbolique en Algérie. Le président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaiz, "a prévenu" l'institution "qu'il avait présenté sa démission (...) au chef de l'Etat", selon la télévision nationale, mardi 16 avril. Ancien magistrat, ministre de façon quasi ininterrompue durant seize ans, Tayeb Belaiz, 70 ans, avait été nommé le 10 février à la tête du Conseil constitutionnel par Abdelaziz Bouteflika pour remplacer Mourad Medelci après sa mort. Tayeb Belaiz avait déjà présidé le Conseil constitutionnel, de mars 2012 à septembre 2013.

Le Conseil constitutionnel est notamment chargé de valider les candidatures à la présidentielle, fixée au 4 juillet, pour élire un successeur au président démissionnaire Abdelaziz Bouteflika, et de veiller à la régularité des opérations de vote. Le 2 avril, le chef de l'Etat avait remis sa démission à Tayeb Belaiz et la scène avait été diffusée par la télévision nationale algérienne.

Une révision des listes électorales en cours

Mais le départ d'Abdelaziz Bouteflika n'a pas mis fin aux revendications des manifestants favorables à un changement de régime. Ceux-ci réclamaient notamment le départ des "trois B" – des proches de l'ancien président : Abdelkader Bensalah, président par intérim, le Premier ministre Noureddine Bedoui et Tayeb Belaiz. Ils ont donc obtenu satisfaction pour ce dernier.

Cette démission intervient au premier jour d'une révision exceptionnelle des listes électorales, qui doit durer une semaine, dans la perspective de la présidentielle du 4 juillet. Des magistrats et des maires ont d'ores et déjà indiqué qu'ils boycotteraient la supervision de cette étape, importante avant l'organisation du scrutin.