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Météo, attentat, missile... quelles hypothèses après le crash de l'avion d'Air Algérie

Alors que Paris a ouvert une enquête judiciaire pour "homicides involontaires", francetv info fait le point sur les différentes hypothèses émises après le crash de ce vol qui reliait Ouagadougou à Alger.

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France Télévisions
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Un officiel Burkinabé montre la zone dans laquelle s'est vraisemblablement écrasé le vol AH5017, jeudi 24 juillet. (AHMED OUOBA / AFP)

Le vol AH5017 a d'abord été porté disparu. Mais jeudi 24 juillet, en fin d'après-midi, tout porte à croire que l'avion d'Air Algérie, qui reliait Ouagadougou (Burkina Faso) à Alger (Algérie), s'est écrasé alors qu'il survolait le Mali. Ils transportaient au moins 116 personnes, dont 51 ressortissants français.

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"On ne peut exclure aucune hypothèse", a confirmé jeudi soir le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, sur le plateau du 20 heures de France 2. Alors que Paris a ouvert une enquête judiciaire pour "homicides involontaires", francetv info fait le point sur les différentes hypothèses émises pour expliquer les raisons de ce drame.

Les conditions météorologiques : une piste évoquée

La présence de difficultés dans la zone vol liées à la météo constitue le seul fait établi, a déclaré Laurent Fabius. Dès le début de l'après-midi, une source officielle malienne a indiqué que le contact avec l'avion avait été perdu dans la région de Gao, secouée par de "forts orages" dans la nuit de mercredi à jeudi. "L'avion a demandé expressément à changer d'itinéraire à cause du mauvais temps", a confirmé à Ouagadougou le général Gilbert Diendéré, chef d'état-major particulier de la Présidence du Burkina Faso. Sur le plateau du 20 heures de France 2, le commandant de bord Pierre-Michel Candau évoque la possibilité d'un violent orage, capable, à cette altitude, de provoquer un accident aérien. 

Le survol d'une zone désertique peut-il présenter un danger, alors que l'avion devait survoler une partie du Sahel puis du Sahara ? En 2010, un chercheur italien de l'Institut des sciences atmosphériques et du climat, Gian Paolo Gobbi, assurait que le sable du Sahara pourrait bien être plus dangereux pour les avions que les cendres du volcan islandais Eyjafjöll, rapportait Le Figaro.fr.

"Le contexte de la météo difficile dans le secteur traversé par l'avion rend l'hypothèse de l'accident la plus plausible", ajoute le criminologue Alain Bauer, cité par le quotidien.

Un tir de missile : peu probable 

Interrogé par France 24, Pierre Duval, membre de la commission sécurité à l'Aéroclub de France, assure que, contrairement au vol MH17, vraisemblablement abattu par un tir de missile dans l'est de l'Ukraine, il est peu probable que l'avion d'Air Algérie ait été touché par un missile tiré du Nord-Mali, région instable en raison de la présence de groupes rebelles.

"Depuis le début de l’opération militaire [au Nord-Mali], il y a un an et demi, aucun avion militaire n’a été menacé par des tirs de missiles venant du sol ou d’hélicoptères volant à basse altitude, poursuit le journaliste Jean-Dominique Merchet, également cité par France 24. S’il y avait des terroristes au sol équipés de matériel capable d’abattre des avions, ils l’auraient utilisé depuis longtemps, et en particulier contre des avions français."

Un attentat : "pas impossible", voire "très crédible"

"Depuis plus d’un an, on sait que le Burkina Faso peut être une cible pour Al-Qaida au Maghreb islamique, rappelle sur 20 minutes.fr, le directeur de recherche au Centre français de recherche sur le renseignement, Alain Rodier. L’opération militaire française Serval a provoqué une dispersion des groupes jihadistes qui ont très bien pu s’y rendre." Le spécialiste estime toutefois qu'il faut rester "extrêmement prudent" avec cette hypothèse. "Vu d’où il vient et où il allait, ce n’est pas impossible", résume-t-il pour le site du quotidien.

L'islamologue Mathieu Guidère indique, pour sa part, que "le lieu et la date" de ce crash, laissent penser que l'hypothèse terroriste est "très crédible". "Les groupes jihadistes veulent affirmer leur retour et leur contrôle du nord du Mali. Et le crash a eu lieu pendant la 27e nuit du ramadan, la 'nuit du destin', qui est une nuit sacrée au cours de laquelle, de minuit à 5 heures du matin, les portes du paradis sont censées être ouvertes. Toute action faite pendant cette nuit vaut mille actions et amène à coup sûr au paradis", détaille-t-il à 20 minutes.fr.

Alain Bauer indique sur le Figaro.fr, par ailleurs, que "la question du contrôle d'accès à bord des passagers et du contrôle des bagages sera inévitablement posée, puisque l'aéroport de départ, à Ouagadougou, n'est pas réputé comme l'un des plus sûrs en termes de vigilance".

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