Crash d’Air Algérie au Mali : le rapport final confirme des erreurs humaines

Les pilotes n'ont pas activé le système antigivre, selon le rapport final des enquêteurs français rendu public vendredi.

Parents et familles burkinabe et français du crash d\'Air Algérie AH5017 déposent des fleurs sur une stèle près du site du crash dans la région de Gossi au Mali, à l\'ouest de Gao, le 21 avril 2015.
Parents et familles burkinabe et français du crash d'Air Algérie AH5017 déposent des fleurs sur une stèle près du site du crash dans la région de Gossi au Mali, à l'ouest de Gao, le 21 avril 2015. (OLLO HIEN / AFP)

Une négligence aux conséquences effroyables. L'accident de l'avion d'Air Algérie Ouagadougou-Alger, qui avait fait 116 morts le 24 juillet 2014 au Mali, est principalement dû à "la non-activation" par l'équipage du système antigivre. Telle est la principale conclusion du rapport final des enquêteurs français rendu public vendredi à Bamako.

Des capteurs obstrués, vraisemblablement par des cristaux de glace

Les "capteurs de pression des moteurs avaient été obstrués, vraisemblablement par des cristaux de glace" et "les systèmes d'antigivrage" n'ont "pas été activés par l'équipage", a affirmé le ministre malien des Transports, Mamadou Hachim Koumaré, lors d'un point de presse pour présenter le rapport qui confirme les résultats préliminaires.

"L'obstruction des capteurs a perturbé le fonctionnement des moteurs, limitant la poussée à un niveau insuffisant pour que l'avion poursuive son vol à un niveau de croisière", a-t-il précisé.

Ces analyses viennent confirmer celles du rapport du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) français en juillet 2015. Le BEA avait en effet déjà conclu que la cause principale de l'accident résidait dans la non-activation par les pilotes du système d'antigivre des moteurs, alors que l'avion rencontrait un phénomène orageux violent. Conséquence : de la glace se dépose sur les capteurs de l'avion. L'équipage ne peut pas s'apercevoir que l'appareil perd sa vitesse.

Des "données inexploitables"

Le ministre a, par ailleurs, également fait part de "difficultés rencontrées" dans l'enquête, relatives notamment aux "données inexploitables d'un des enregistreurs de vol qui ont limité l'analyse du comportement de l'équipage en vol".

En tout, une dizaine de dysfonctionnements ont été relevés par les enquêteurs du BEA. Celui-ci a apporté son assistance technique à la commission d'enquête sur les accidents et incidents d'aviation civile malienne, à la demande du Mali.

Pas de "manœuvre de récupération du décrochage réalisée par l'équipage"

"Les paramètres enregistrés indiquent enfin qu'il n'y a pas eu de manœuvre de récupération du décrochage réalisée par l'équipage", avait indiqué le BEA en avril 2015, selon les premiers éléments de l'enquête.

En essayant de rétablir l'appareil, les pilotes auraient en effet tiré le manche en arrière alors qu'il aurait fallu le pousser vers l'avant, rendant le décrochage inévitable. Selon le BEA, l'équipage était en mission depuis un mois et enchaînait les vols à un rythme soutenu. Pilote et copilote étaient des saisonniers qui n'exerçaient ce métier que six mois par an. Or, de l'avis des experts, le McDonnell Douglas affrété par Air Algérie est un avion difficile à piloter.