Algérie : le président Tebboune exige de Paris le "respect total de l'Etat algérien"

Emmanuel Macron a déclenché la colère d'Alger après des propos, rapportés samedi 2 octobre dans "Le Monde", accusant le système "politico-militaire" algérien d'entretenir une "rente mémorielle" en servant à son peuple une "histoire officielle" qui "ne s'appuie pas sur des vérités".

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Le président algérien Abdelmadjid Tebboune, à Alger, le 25 septembre 2021.  (BILLAL BENSALEM / NURPHOTO / AFP)

Le ton est ferme. Dans une déclaration à des médias, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a exigé de Paris "un respect total de l'Etat algérien", dimanche 10 octobre. "L'histoire ne peut pas être falsifiée", a-t-il ajouté à l'intention de son homologue français, Emmanuel Macron, lequel a déclenché la colère d'Alger après des propos, rapportés samedi 2 octobre par Le Monde.

Le président de la République avait accusé le système "politico-militaire" algérien d'entretenir une "rente mémorielle" en servant à son peuple une "histoire officielle" qui "ne s'appuie pas sur des vérités". En réaction, Alger avait décidé le rappel "immédiat" de son ambassadeur à Paris, Mohamed Antar-Daoud, et, comme autre mesure de rétorsion, avait interdit, dans la foulée, le survol de son territoire aux avions militaires français de l'opération antijihadiste Barkhane au Sahel. Le retour de l'ambassadeur algérien "est conditionné au respect de l'Algérie, le respect total de l'Etat algérien", a fait savoir Abdelmadjid Tebboune.

Interrogé pour savoir si la fermeture de l'espace aérien aux appareils militaires était "définitive", le président algérien a expliqué que "dans les relations diplomatiques, il n'y a rien d'irréversible". Mais "actuellement, nous sommes agressés dans notre chair, notre histoire, dans nos martyrs, nous nous défendons comme nous pouvons", a-t-il dit. Pour "le reste, il s’agit de leurs affaires internes", a-t-il encore dit dans une allusion à de possibles visées électoralistes des propos critiques d’Emmanuel Macron.

"La France doit oublier que l'Algérie a été un jour une colonie française"

D'après Le Monde, le président français a également affirmé que "la construction de l'Algérie comme nation est un phénomène à regarder. Est-ce qu'il y avait une nation algérienne avant la colonisation française ? Ça, c'est la question." Ce passage est l'un de ceux qui ont le plus heurté l'opinion publique algérienne.

"La France doit oublier que l'Algérie a été un jour une colonie française", a déclaré le président algérien. Abdelmadjid Tebboune a par ailleurs rappelé qu'Alger ne réclame "pas de la repentance" mais une "reconnaissance" des crimes perpétrés en 130 ans de colonisation française. "L'Algérie, c'est 5,630 millions" de victimes, a-t-il affirmé, soulignant que "l'histoire ne fonctionne pas selon les caprices et selon les circonstances".

Mardi, le président Macron a assuré souhaiter un "apaisement"  sur le sujet mémoriel entre la France et l'Algérie, appelant à "cheminer ensemble" et à "reconnaître toutes les mémoires".

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