Algérie : le combat contre les incendies continue, une vingtaine de suspects arrêtés

Plusieurs pays ont envoyé des renforts aériens, alors que le pays débute un deuxième jour de deuil national. Le président Abdelmadjid Tebboune a annoncé l'arrestation de 22 personnes accusées d'être des pyromanes. Un homme a été lynché par la foule.

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France Télévisions
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Des villageois assistent impuissants à un incendie qui frappe les forêts kabyles, jeudi 12 août 2021. (RYAD KRAMDI / AFP)

Végétation calcinée, bétail agonisant, villages assiégés… Les pompiers et volontaires continuent de lutter sans relâche contre les flammes qui ravagent le nord de l'Algérie, vendredi 13 août, au deuxième jour de deuil national. Les feux ont déjà causé la mort de 71 personnes – 43 civils et 28 militaires –, selon un dernier bilan. La veille, la protection civile faisait encore état de "92 incendies dans 16 wilayas [préfectures] dont 37 à Tizi Ouzou et 15 à El Tarf", près de la frontière tunisienne.

Les secours sont soutenus par deux bombardiers d'eau envoyés par la France qui sont arrivés jeudi. Deux autres Canadair doivent arriver d'Espagne et de Suisse. A la préfecture de Tizi Ouzou, zone qui a enregistré le plus de pertes humaines, des images prises par un photographe de l'AFP montrent à perte de vue des secteurs entiers de forêt partis en fumée. Alors qu'ils avaient dû évacuer leur domicile pour fuir les flammes, des villageois ont commencé à regagner leurs villages.

Une forêt des environs de Tizi Ouzou (Algérie) après le passage du feu, jeudi 12 août 2021. (MOUSAAB ROUIBI / ANADOLU AGENCY / AFP)

En soirée, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a déclaré que la majorité des incendies était "d'origine criminelle", lors d'une brève intervention à la télévision d'Etat. Il a également annoncé l'arrestation de 22 suspects accusés d'être des "pyromanes", dont 11 à Tizi Ouzou, grande ville de Kabylie. Le chef d'Etat, au passage, a accusé sans les nommer les indépendantistes de Kabylie, région berbérophone traditionnellement frondeuse à l'encontre du pouvoir central, de vouloir exploiter politiquement la catastrophe pour diviser le pays.

Enfin, la justice algérienne a ordonné l'ouverture d'une enquête après le lynchage d'un homme accusé d'être un pyromane. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent ainsi "une foule en colère" battant "à mort" un homme, a dénoncé l'ONG Amnesty International, qui a appelé les autorités à "traduire les responsables en justice". Des habitants de Miliana, à l'ouest d'Alger, ont fait part sur les réseaux sociaux de leur indignation face à cette "attaque brutale", identifiant la victime comme étant Jamal Ben Ismaïl, 38 ans, originaire de leur ville.

Le lynchage se serait produit à Larbaa Nath Irathen, ville située dans la préfecture de Tizi Ouzou. La Ligue algérienne de défense des droits de l'homme a estimé que "les scènes du lynchage et de l'immolation du présumé pyromane, alors qu'il s'agissait d'un jeune artiste venu prêter main forte aux sinistrés, sont choquantes". Dans une déclaration aux médias locaux, le père de la victime, Noureddine ben Ismaïl, a demandé "aux autorités de faire toute la lumière sur cette affaire et appelé au calme".

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