Algérie : la rue ne reconnaît pas le nouveau président Abdelmadjid Tebboune

Dès l’annonce des résultats, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues pour contester "la mascarade". 

Manifestation contre l\'élection présidentielle à Tizi Ouzou, le 12 décembre 2019.
Manifestation contre l'élection présidentielle à Tizi Ouzou, le 12 décembre 2019. (- / USER'S NAME)

Alger, Constantine, Tizi Ouzou, Bouira, Tiaret, Mostaganem, Jijel… les manifestants sont sortis en nombre ce vendredi après-midi, après la proclamation de la victoire de l’ancien Premier ministre Abdelmadjid Tebboune comme huitième président de l’Algérie. Ils contestent le résultat de ces élections qualifiées de "mascarade et d’illusion".

La presse écrite ne paraît pas le vendredi en Algérie, jour de repos. Pour suivre l'actualité, il faut se connecter sur les sites d'information en ligne (pure-players) ou les réseaux sociaux. Cette élection présidentielle a révélé au grand jour un fossé abyssal entre deux Algérie(s) : l'officielle, avec ses canaux d'information (médias gouvernementaux et télévisions offshore) et celle des sites Internet et des réseaux sociaux. La première filme et décrit l'élection depuis les QG des candidats et des organismes étatiques, la seconde depuis la rue.

De ces manifestations, aucun mot dans la presse proche du pouvoir.

Des dizaines de milliers de personnes manifestent dans plusieurs villes du pays pour exprimer leur hostilité à cette présidentielle, dénoncer "les fraudes massives" et continuer à exiger le départ de tout "le système". Il n'y  aucune image à la télévision.

Des marées humaines déferlent dans de nombreuses villes algériennes. Le Hirak, mouvement populaire né le 22 février, exige désormais un second tour pour... annuler le précédent.