Dépistage du Covid-19 : "Ils scannent le tampon d'un labo et me donnent un faux résultat"

En raison du coût très élevé du test PCR en Afrique, certains contournent les règles.

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Un agent de santé effectuant un test PCR dans un centre de dépistage gratuit à Libreville (Gabon), en juillet 2020. (STEEVE JORDAN / AFP)

Dans la plupart des pays du monde, le test PCR est payant et coûte parfois très cher. Faute de moyens, certains Africains ont recours au marché noir pour fournir l'attestation leur permettant de se déplacer librement.  

Dépistage à tout prix ?

"Testez, testez, testez"... depuis mars dernier, face à la pandémie de coronavirus, c'est le mot d’ordre de Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Sauf que le dépistage n'est pas forcément gratuit. Dans de nombreux pays, le prix du test PCR équivaut à un mois de salaire, comme au Mozambique où la plupart des examens sont réalisés dans des cliniques privées.

"Dans certains pays, se faire soigner implique d'aller dans le privé et cela donne des soins extrêmement chers"

Isabelle Moins, directrice générale d'April International

à l'AFP

Un sésame pour voyager

Il faut savoir que le test de dépistage est souvent indispensable pour voyager. En novembre 2020, l'Organisation mondiale du tourisme avait recensé 126 pays exigeant des tests PCR. Lauren Gelfand, une Canadienne établie au Kenya, a dû débourser 850 rands – l'équivalent de 48 euros  en Afrique du Sud pour faire le test afin de pouvoir rentrer chez elle à Nairobi.

Et ce tarif n'est pas le plus élevé dans le monde, loin de là. Selon une étude du courtier en assurances April, un test PCR peut ainsi aller, en moyenne, de 54 euros en France à 153 euros aux Etats-Unis, 250 euros au Royaume-Uni, et même 347 euros au Japon. Mais tout est relatif et le prix pratiqué en Afrique du Sud reste très élevé.

Le recours au "faux test"

Toujours sur le continent africain, au Gabon, un test négatif est exigé pour passer en transport en commun d'une province à l'autre. Citée par l'AFP, une jeune étudiante de Libreville qui doit voyager en bus pour voir sa famille raconte, sous couvert de l'anonymat, comment elle contourne les règles imposées : "Je paye 10 000 FCFA (environ 15 euros), c'est vite fait, ils scannent le tampon d'un labo et ils me donnent un faux résultat, ça ressemble vraiment. Le contrôleur du bus n'a pas le temps, ni les moyens, de vérifier."

Un meilleur diagnostic en 2021

En Egypte, beaucoup de personnes préfèrent "ne pas se faire tester faute de moyens", constate Ayman Sabae, en charge de la santé pour l'ONG l'Initiative égyptienne pour les droits personnels. Le secteur privé facture en moyenne 2 000 livres (environ 104 euros) l’examen PCR, soit l'équivalent du salaire moyen d'un fonctionnaire local.

Contactée par l'Agence France Presse, l'OMS reconnaît que les tests PCR nécessitent des ressources et infrastructures considérables, ce qui peut poser des difficultés. Elle a mis en place un mécanisme appelé Accès aux outils contre le Covid (ACT)-Accelerator pour mettre à disposition des pays en développement notamment 500 millions de tests de diagnostic en 2021.

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