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Afrique du Sud: fin de la course au nucléaire, place aux énergies renouvelables

L'Afrique du Sud envisageait depuis 2010 de relancer son programme nucléaire civil pour sortir de sa dépendance au charbon. Mais, le 27 août 2018, le gouvernement sud-africain a tranché: il privilégiera les énergies renouvelables mettant entre parenthèse son projet controversé d'accroître son parc nucléaire.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Jeffe Radebe, ministre de l'Energie sud-africain. (WIKUS DE WET / AFP )

L'Afrique du Sud n'envisage plus de recourir à l'atome. «Nous allons lancer une étude pour déterminer s'il nous faudra plus de nucléaire après 2030», a déclaré, le 27 août 218, le ministre de l'Energie sud-africain Jeff Radebe, en présentant son plan de production d'électricité. «Mais jusque-là, nous n'envisageons pas d'augmenter notre capacité de production d'électricité nucléaire», a-t-il ajouté.

Alors que l'électricité du pays est fournie à 90% par des centrales à charbon dont le parc est vieillissant, peu fiable et polluant, le gouvernement s'est fixé ainsi comme objectif, à l'horizon 2030, de baisser cette part jusqu'à 65% et d'augmenter celles provenant du gaz et des énergies renouvelables. Le nucléaire fournira alors 4% de l'électricité sud-africaine.

Les deux réacteurs dont dispose l'Afrique du Sud, pays le plus industrialisée du continent, sont situés à Koeberg (sud), près du Cap. 

Des capacités de production suffisantes
«La demande d'électricité continue à baisser chaque année (...). Pour l'année fiscale qui s'est achevée en mars 2018, l'électricité consommée était inférieure de 30% à celle anticipée dans le plan de production 2010», a plaidé Jeff Radebe.

L'ex-président Jacob Zuma projetait de construire six à huit nouveaux réacteurs nucléaires pour relancer l'énonomie sud-africaine et répondre à ses besoins énergétiques. Mais son successeur Cyril Ramaphosa jugeait ce programme trop coûteux (1.000 milliards de rands, soit 70 milliards d'euros) pour le pays qui peine retrouver sa croissance d'avant 2008. Plusieurs pays fournisseurs potentiels, dont la Russie, la France, la Corée du Sud et les Etats-Unis, s'étaient déjà mis sur les rangs pour arracher ce méga-contrat. 

En avril 2018, Pretoria a signé 27 contrats de construction de centrales d’énergies renouvelables, en souffrance depuis août 2016, rapporte l'agence Ecofin. A cette époque, Eskom, la compagnie électrique nationale, se disait déçue par les énergies renouvelables et bloquait ces projets. Cette signature de contrats «maintiendra l'Afrique du Sud comme destination de choix en matière d'investissement énergétique», selon le ministère de l'Energie cité par Ecofin.

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