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Afrique du Sud : le viol d'un bébé proposé comme sujet du baccalauréat

Des bacheliers ont dû commenter une scène extraite d'une pièce de théâtre, basée sur un fait divers, durant laquelle est mimé le viol d'un nourrisson.

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France Télévisions
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L'Afrique du Sud est parmi les pays au plus fort taux mondial de viol par habitant. (FINBARR O'REILLY / REUTERS)

Comment mettre en scène un viol ? C'est la question à laquelle ont dû répondre les candidats à l'épreuve d'art dramatique du baccalauréat, en Afrique du Sud. La pièce de théâtre sur laquelle s'appuyait la question est inspirée d'un fait divers sordide, l'agression sexuelle d'un nourrisson en 2001. Le sujet fait polémique, mercredi 27 novembre, dans un pays où le viol demeure un immense problème, souvent associé à la prise de drogues ou d'alcool.

Tshepang ("Aie espoir"), surnom d'un bébé de neuf mois dont le viol en 2001 avait révulsé le pays, est l'œuvre d'une dramaturge sud-africaine de référence, Lara Foot-Newton. Le sujet d'examen s'arrêtait sur une indication scénique de l'auteure : "Il mime le viol à l'aide d'un balai et d'une miche de pain". Puis cette question : "Pourquoi la pièce choisit-elle d'utiliser les symboles du pain pour représenter le bébé et du balai pour le violeur ?"

Les élèves devaient ensuite indiquer comment ils s'y prendraient pour que "l'acteur incarnant Simon joue la ligne 9 afin de maximiser l'horreur du viol parmi le public".

"Des élèves bacheliers sont de jeunes adultes"

Un lycéen a confié au quotidien The Times que "tout le monde avait été choqué". "Ça m'a rendu malade. Je n'étais pas préparé pour ce genre de question et ça m'a pris du temps de répondre, car j'étais mal à l'aise", dit un autre, inquiet pour une camarade de classe elle-même victime de viol.

Comme l'explique le site sud-africain news24 (en anglais), le ministère de l'Education s'est défendu dans un communiqué, soulignant que "nulle part il n'était demandé au candidat de décrire le viol d'un bébé de neuf mois" et que "le candidat doit travailler sur la meilleure manière d'y parvenir au plan théâtral et symbolique". "En outre, des élèves bacheliers sont de jeunes adultes parfaitement conscients des problèmes de société de notre pays et le théâtre, comme toutes les autres formes d'art, sont un puissant outil d'éveil des consciences et d'éducation pour changer la société", ajoute le ministère.

Il n'a cependant pas exclu de ne pas prendre en compte la note obtenue à cette partie de l'épreuve et admis que "les contenus susceptibles de déclencher des émotions négatives ou hostiles chez les candidats doivent être évités".

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