Vidéo Réfugiés afghans : "Chacun doit prendre sa part", lance Martine Aubry aux maires des autres villes

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Martine Aubry explique que la municipalité de Lille a déjà accueilli 58 Afghans  et attend également "une quarantaine d'artistes".

"Chacun doit prendre sa part" dans l'accueil des Afghans en France, a lancé la maire de Lille à ses homologues des autres villes. Interrogée mercredi 1erseptembre sur franceinfo, Martine Aubry réclame "une réponse européenne" pour se "répartir l'effort", il s'agit là d'un "geste d'humanité".

"Je conseille vraiment à chaque ville de donner une maison pour une grande famille, déclare Martine Aubry. Qu'est-ce que ça coûte d'accompagner une grande famille pendant un an, en deux ans, le temps qu'ils apprennent le français, qu'il se réintègre ?"

La municipalité de Lille accueille déjà 58 Afghans qui effectuent actuellement leur quarantaine liée au Covid, souligne Martine Aubry. Elle attend également "une quarantaine d'artistes qui sont actuellement en confinement dans la région parisienne et qui ont demandé à venir à Lille". Depuis la médiatisation de l'accueil d'Afghans à Lille, "j'ai 620 dossiers qui m'ont été envoyés avec des Afghans qui venaient de Paris, de Nantes, de Bordeaux, parce qu'ils disaient là on va peut-être nous accueillir", relate la maire de Lille, alors qu'elle estime pouvoir accueillir "entre 100 et 120 personnes dans les locaux de la mairie".

Une "impréparation" de la communauté internationale

Si des Afghans ont rapidement pu être accueilli à Lille, c'est parce que la mairie avait fourni aux autorités françaises deux listes de personnes menacées, affirmeze Martine Aubry : "Une liste d'artistes qui avaient été portée par les institutions culturelles en France, mais aussi une liste que m'avaient fournie deux jeunes Afghans que j'ai accueillis il y a 20 ans, quand leurs parents avaient été tués par les talibans." Cette deuxième liste inclut "des gens dans la magistrature, dans l'éducation, dans la santé, sûrs qu'ils vont y passer".

"On a eu les premières autorisations la veille de la prise de Kaboul par les talibans", déplore Martine Aubry qui dénonce la lenteur de la procédure, alors qu'elles avaient transmis ses listes plusieurs semaines auparavant. Ces noms avaient été contrôlés par le ministère de l'Intérieur et notamment par la DGSI, c'est pour cela que ces civils ont fait partie des premiers évacués de Kaboul vers la France, souligne la maire de Lille. L'élue socialiste "comprend très bien qu'à chaque fois le ministère de l'Intérieur doit faire une analyse du dossier pour regarder si ces personnes ne sont pas dans des mouvances islamistes ou proches des talibans".

De manière générale, la maire de Lille dénonce l'"impréparation" de la communauté internationale et de la France dans ce dossier afghan. "Je considère que personne n'a été à la hauteur parce qu'il fallait préparer cela avant", insiste l'élue socialiste. "Comment la communauté internationale, la France en fait partie mais elle n'est pas la première en ligne, a pu organiser aussi mal les choses", demande-t-elle, estimant qu'on pouvait anticiper l'arrivée des talibans au pouvoir.

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