Vidéo Afghanistan : "Quelques ressortissants français" doivent encore être évacués ainsi que "beaucoup d'Afghans", indique Jean-Yves Le Drian

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Le ministre des Affaires étrangères explique s'être rendu à Doha en début de semaine, pour "voir avec les autorités qatariennes comment on pouvait envisager d'autres évacuations".

"Quelques ressortissants français" doivent encore être évacués d'Afghanistan ainsi que "beaucoup d'Afghans", a indiqué Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, jeudi 16 septembre sur franceinfo. Il répète que la France n'a "pas de dialogue politique avec les talibans" mais discute avec les Qataris pour permettre ces nouvelles évacuations.

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Il s'est ainsi rendu à Doha en début de semaine, avec comme objectif de "voir avec les autorités qatariennes comment on pouvait envisager d'autres évacuations à la fois de nos ressortissants qui restent encore en Afghanistan, il y en a très peu, mais aussi surtout des Afghans et des Afghans qui, par leurs combats antérieurs méritent le droit d'asile".

"Pas de dialogue politique avec les talibans"

Le ministre rappelle que "les Qataris essayent d'opérer l'aéroport de Kaboul", mais "ils rencontrent de sérieuses difficultés". Ce sont donc "des interlocuteurs qui peuvent nous mettre en lien pour permettre des évacuations". Hormis les "quelques Français" encore présents en Afghanistan, "il y a un certain nombre d'Afghans et d'Afghans qui se sont signalés auprès de nous, nous traitons tous leurs dossiers", assure Jean-Yves Le Drian. "S'il y a des possibilités, nous procéderons aux évacuations, mais ce n'est pas acquis aujourd'hui", souligne-t-il.

Y a-t-il en parallèle un dialogue avec les talibans qui ont pris le pouvoir en Afghanistan ? "Non, nous n'avons pas de dialogue politique avec les talibans", répond le chef de la diplomatie française. "Nous avons eu, au moment des évacuations, quelques contacts pragmatiques pour permettre à nos ressortissants ou à ceux que nous voulions faire sortir d'Afghanistan de s'acheminer vers l'aéroport de Kaboul, mais nous n'engageons pas de discussions politiques avec les talibans", poursuit-il.

Il rappelle que cinq principes ont été posés par la France et la communauté internationale avant l'ouverture d'un dialogue. "Le premier qu'on pouvait imaginer peut-être possible, c'était la composition d'un gouvernement ouvert. Or, le gouvernement qui a été annoncé par les talibans est un gouvernement extrêmement fermé où on retrouve les enfants de la génération antérieure des talibans, et en plus des éléments très proches d'Al-Qaïda, donc, ils ne sont pas au rendez-vous", dit le ministre français.

"100 millions d'euros pour des actions humanitaires en Afghanistan"

Concernant l'aide humanitaire, "en aucun cas" elle ne passe par les talibans, "cela passe par les Nations unies", insiste Jean-Yves Le Drian. Lors d'une conférence humanitaire mondiale initiée par l'ONU, la France a apporté "une contribution significative de 100 millions d'euros pour des actions humanitaires en Afghanistan et à côté, puisqu'il y a beaucoup de réfugiés afghans qui sont dans des pays voisins", souligne le ministre des Affaires étrangères.

Cette aide passera "par les deux agences principales des Nations unies que sont le Haut-Commissariat aux réfugiés et le Programme alimentaire mondial, pour secourir les populations afghanes qui sont dans la détresse, voire la famine". Il est important "que ces convois humanitaires et d'aide humanitaire arrivent le plus vite possible", ajoute Jean-Yves Le Drian.

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