Vidéo "Le seul espoir" maintenant pour les Afghans qui ont aidé la France, "c'est de trouver une issue diplomatique", selon une avocate

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"Je ne vois pas pourquoi les Américains laisseraient encore passer des civils afghans alors qu'il y a un risque majeur de nouvel attentat et que par ailleurs il va falloir finir d'évacuer ce qui reste de la France", déplore Magali Guadalupe-Miranda.

Plusieurs centaines de personnels civils de recrutement local qui ont aidé la France sont encore en Afghanistan. "Le seul espoir qu'on a, c'est de trouver une issue diplomatique", a déclaré vendredi 27 août sur franceinfo l'avocate Magali Guadalupe-Miranda qui coordonne un collectif qui défend les Afghans ayant travaillé avec la France, après l'attentat qui a frappé l'aéroport de Kaboul.

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franceinfo : Est-ce que des Afghans qui ont travaillé pour la France étaient présents à l'aéroport au moment de l'attentat ?

Magali Guadalupe-Miranda : Oui, on avait une évacuation qui était prévue, on avait trois bus qui attendaient pour pouvoir rentrer aux portes. Heureusement ce n'était pas cette porte-là et on avait vu l'alerte attentat donc on avait envoyé à tous les personnels civils de recrutement local et à nos auxiliaires, l'instruction de partir de l'aéroport, de ne pas rester aux portes.

Vont-ils pouvoir embarquer aujourd'hui ?

Probablement pas. Je ne vois pas pourquoi les Américains laisseraient encore passer des civils afghans alors qu'il y a un risque majeur de nouvel attentat et que par ailleurs il va falloir finir d'évacuer les troupes françaises, l'ambassade, ce qui reste de la France.

Avez-vous encore un espoir de leur faire quitter le pays ?

Le seul espoir qu'on a c'est de trouver une issue diplomatique. On fonde beaucoup d'espoirs sur la possibilité d'avoir des visas de transit, que des ambassades encore ouvertes accordent des visas de transit à nos personnels pour pouvoir les évacuer de manière plus calme. Cela passe par le ministère des Affaires étrangères mais nous n'avons aucun contact avec eux, on n'arrive pas à les avoir au téléphone. Il y a un devoir juridique, la protection subsidiaire qui doit être accordée. En l'état le devoir de la France ne fait pas question. La question c'est comment la France va s'acquitter de ce devoir.

Un millier d'Afghans ont travaillé avec la France jusqu'en 2014, au moment du départ des derniers soldats français. Combien sont-ils encore aujourd'hui ?

On a environ 200 familles qui se sont manifestées et qui ne sont toujours pas évacuées. On a eu 13 familles qui ont été évacuées et on en a environ 200 qui sont encore-là. Ils sont complètement désespérés, ils nous rappellent qu'ils sont en danger de mort, que c'est une question de jours avant que les talibans arrivent à les attraper.

"Les talibans font du porte à porte et on en a déjà trois qui ont échappé de justesse à des visites talibanes à leur domicile. C'est vraiment une course contre-la-montre pour essayer de les faire sortir."

Magali Guadalupe-Miranda, avocate

à franceinfo

Est-ce qu'ils sont considérés comme des traîtres ?

Oui, cela a été annoncé par les talibans dès le début. Ils estiment que toutes personnes qui ont collaboré avec les étrangers devront être exécutées car ils sont considérés comme des espions de l'Occident.

Avez-vous communiquez avec eux depuis l'attentat ?

Oui, bien sûr. Nous avons vérifié que nous n'avions perdu personne, que leurs familles n'avaient pas subi de perte. Là, on est en train de leur annoncer la mauvaise nouvelle, qu'on ne peut pas les évacuer et qu'ils doivent trouver une solution pour quitter l'Afghanistan par leurs propres moyens.

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