En Afghanistan, les abeilles butinent pour les femmes du pays

Au cœur de l’Afghanistan, Bamiyan est surtout célèbre pour avoir abrité des statues géantes de bouddha, dynamitées par les talibans en mars 2001. Mais la province sera peut-être connue un jour pour son miel. En tout cas l’apiculture est devenue depuis 2012 un espoir de développement qui offre un début d’autonomie aux femmes.

(Wakil KOHSAR / AFP)

Le secteur est pauvre, l’un des plus déshérités d’Afghanistan. On y cultive quasi exclusivement la pomme de terre. Depuis quelques années, quatre coopératives apicoles ont vu le jour, soutenues par des ONG. Celle de Yakowlang emploie 125 femmes. Elles ne font pas que conditionner le miel, coller des étiquettes sur des pots. Elles sont aussi apicultrices et entretiennent entre une et quatre ruches chacune.
 
Ainsi, Marzia dispose de quatre ruches. Son mari a été abattu par les talibans en 2000. Le mollah qui les commandait, raconte Marzia à l’AFP, «a tué tout le monde, jusqu’aux chiens et aux poules». Grâce aux abeilles, elle est aujourd’hui plus autonome. «Avant, je faisais un peu de couture, je ramassais du fourrage et je dépendais de mon frère. Avec le miel, je peux aider ma famille, je suis mon patron.»
 

Selon le responsable d’une ONG néo-zélandaise, «le miel est d’un excellent rapport». La mise de fonds n’est pas excessive, une centaine de dollars par ruche amortie en un an. Pour les femmes, le revenu obtenu, aussi modeste soit-il, modifie totalement la place dans la société dans ces zones rurales. «Je peux payer le bus pour rendre visite à ma fille quand je veux, et lui offrir du chocolat» dit l’une d’elles. «Moi, j'achète les cahiers des enfants» ajoute Halima.
 
Rapporter de l’argent dans le foyer est une nouveauté dans un pays où seulement une femme active sur dix travaille dans un secteur non agricole. Et sur ce nombre, un tiers seulement déclare disposer de l’argent qu'il gagne.
 
Aujourd’hui, Bamiyan compte 400 apiculteurs dont la moitié de femmes et produit 14 tonnes de miel par an.