Afghanistan : "Les talibans sont entrés en vainqueurs dans l'aéroport de Kaboul", relate le journaliste Cyril Payen sur place

Cyril Payen décrit l'arrivée des vainqueurs mais aussi les visages "des Afghans qui savent qu'ils rentrent maintenant dans l'ère de l'Émirat islamique d'Afghanistan".

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Radio France
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Les forces spéciales talibanes sécurisent l'aéroport de Kaboul (Afghanistan) après le départ des derniers soldats américains, le 31 août 2021. (WAKIL KOHSAR / AFP)

Scènes de liesse à la mode talibane à Kaboul dans la nuit de lundi 30 à mardi 31 août pour célébrer le départ des derniers soldats américains. "Les talibans sont entrés en vainqueurs dans l'aéroport militaire de Kaboul", relate sur franceinfo Cyril Payen, journaliste à France 24, l'un des rares reporters encore présents dans la capitale afghane mardi.

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Le journaliste témoigne depuis une avenue qui mène à l'aéroport. Il décrit "des barrages d'une quinzaine de Humvee, ces jeep blindés couleur sable de l'armée américaine, qui sont aux mains des talibans. Le haut commandement taliban a foulé le tarmac de l'aéroport de Kaboul". Il évoque aussi une "poignée de main très symbolique" entre deux soldats américains, juste avant leur départ et des militants talibans "aux premières heures de la journée".

"Réveillés par des coups de feu"

"On a été réveillés en centre-ville par des coups de feu, cette mode afghane de tirer quand ils sont contents. Il y a eu des célébrations", continue-t-il. "Et maintenant on voit le visage des Afghans qui savent qu'ils rentrent maintenant dans l'ère de l'Émirat islamique d'Afghanistan tenu par les talibans, de retour vingt ans plus tard".

Parmi ceux qui sont restés, "il y a des milliers, peut-être plus, de collaborateurs de l'Occident, des Nations unies, des chancelleries occidentales". Cyril Payen explique aussi avoir rencontré "des traducteurs de l'armée française qui se cachent, puisqu'ils savent qu'ils sont une cible pour avoir collaboré avec l'Occident". Il parle de leur "amertume et leur rancœur", envers la France.

Avec le départ des Américains, les talibans "sont dans une puissance absolue, c'est eux qui sont aux manettes". Désormais ils vont "sans doute très rapidement former un gouvernement". "On est très loin des négociations pour former une zone de sécurité", réclamée notamment par la France et le Royaume-Uni. "Forcer les talibans est une utopie", selon lui.

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