Afghanistan : l'ONU s'inquiète d'un risque de famine "imminent"

Dans un entretien à l'AFP, la directrice du Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap), Natalia Kanem, s'est inquiétée de l'effondrement du système de santé. 

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Des Afghans à la frontière avec le Pakistan, samedi 25 septembre 2021.  (BULENT KILIC / AFP)

"La situation en Afghanistan est alarmante." La directrice du Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap), Natalia Kanem, a averti dans un entretien accordé à l'AFP, qu'"au moins un tiers de la population est menacée d'une famine imminente dans le pays." Selon elle, la rudesse de l'hiver qui entrave le bon fonctionnement des transports et la pandémie de Covid-19 vont détériorer une situation déjà difficile en raison du retour au pouvoir des talibans depuis la mi-août.

"Il y a beaucoup d'inquiétudes sur la manière dont nous allons pouvoir soigner et nourrir" les gens, a précisé cette médecin panaméenne. Natalia Kanem a rappelé que dans un pays ravagé par des décennies de conflits, les femmes, notamment dans les zones les plus durement touchées par la violence, sont les seuls soutiens de famille. C'est pourquoi "nous espérons vraiment pouvoir livrer biens et marchandises" aux populations vivant dans de petites communautés, ainsi que "préserver un système de santé opérationnel".

La responsable de l'ONU a reconnu que l'objectif est "difficile" à atteindre "avec l'aéroport fermé" et "certains professionnels qui ont quitté le pays". "Si le système de santé s'effondre, ce sera une catastrophe totale", s'est-elle alarmé. L'ONU a ainsi débloqué mercredi 45 millions de dollars d'aide d'urgence pour le système de santé en Afghanistan.

"Les femmes et les filles ont des droits qui doivent être respectés"

La responsable de l'ONU s'est déclarée particulièrement préoccupée par les violences "dont sont désormais victimes les femmes et les filles", notamment les femmes déplacées. "Même pendant cette période de transition, les femmes et les filles ont des droits qui doivent être respectés", a-t-elle prévenu en rappelant que l'Afghanistan est déjà "l'un des pays où le taux de mortalité à l'accouchement et durant la grossesse est le plus élevé" au monde.

Malgré les promesses des talibans pour se montrer plus ouverts et moins violents que lors de leur premier régime (1996-2001), les signes ne sont pas très encourageants pour les femmes. D'un côté, ils s'affichent moins rigoristes, semblent moins importuner les femmes dans la rue et les autorisent à étudier. Mais de l'autre, ils suppriment le ministère des Femmes, remplacent ces dernières par des hommes dans certaines administrations et rétablissent la non-mixité à l'université.

"Les femmes d'Afghanistan ont clairement fait savoir depuis des années qu'elles veulent leur éducation, leurs soins de santé, et qu'elles sont également prêtes, désireuses et capables de concevoir des programmes afin de pouvoir diriger leurs communautés", a martelé Natalia Kanem.

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