Afghanistan : "Ce massacre est à nouveau une preuve de ce dont les talibans sont capables" estime Amnesty International

Neuf villageois de la minorité chiite Hazara ont été tués et torturés par les talibans début juillet en Afghanistan.

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Radio France
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Un imam s'exprime aux côtés d'un combattant taliban lors de la prière du vendredi à la mosquée Abdul Rahman de Kaboul le 20 août 2021. (HOSHANG HASHIMI / AFP)

"Ce massacre est à nouveau une preuve de ce dont les talibans sont capables", affirme vendredi 20 août sur franceinfo Nathalie Godard, directrice de l’action chez Amnesty International. Un document confidentiel de l'ONU révèle que les talibans, qui ont repris le pouvoir à Kaboul, ont déjà commencé à traquer les Afghans ayant travaillé avec les Occidentaux. "Nous révélons aujourd'hui un massacre qui s'est déroulé dans l'est de l'Afghanistan, qui confirme que les talibans n'ont pas changé et que le régime reste le même", détaille-t-elle. Il concerne neuf villageois de la minorité Hazara, qui ont été tués et torturés début juillet par les talibans. Cette minorité chiite est régulièrement persécutée par les talibans et avait déjà fait l'objet de massacres entre 1996 et 2001.

"Ce que nous démontrons, c'est que les minorités ethniques ont largement de quoi craindre le retour des talibans. C'est un nouvel indice inquiétant pour la suite", explique Nathalie Godard. Sur place, Amnesty international, a pu rencontrer des témoins oculaires de ces massacres. "Malheureusement, ce massacre ne représente certainement qu'une infime partie de ce qui s'est déroulé dans la conquête de l'Afghanistan, puisque quand les talibans prenaient le contrôle d'une zone, ils coupaient la téléphonie mobile, ce qui empêchait toute communication", révèle la directrice qui craint que d'autres exactions aient eu lieu et qu'elles ne soient pas encore connues.

Les talibans responsables de "près de la moitié des décès civils" en 2020

Selon Nathalie Godard, les talibans ne sont pas différents de ceux qui ont dirigé le pays de 1996 à 2001 et qui "se sont rendus responsables de violation des droits humains extrêmement graves". Elle ajoute que depuis 20 ans leur participation à la guerre en Afghanistan les a conduit à tuer des civils, des journalistes, des défenseurs des droits humains : "Rien que l'année dernière, ils étaient responsables de près de la moitié des décès civils dans les combats en Afghanistan. Aucune raison de penser qu'ils ont changé". Pour elle, la présence des Occidentaux, en tant que témoins, peut encore freiner ces massacres : "C'est pour ça que c'est tellement important pour Amnesty International de documenter ces exactions, de pouvoir continuer à alerter". La directrice de l'action demande à la communauté internationale de se mobiliser pour imposer aux talibans le respect des conventions et pour en finir avec l'impunité.

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