Abus sexuels commis par des personnels de l'ONU: 80 cas en 2014

L'ONU a dénoncé, le 29 janvier 2016, un nouveau scandale d'abus sexuels présumés sur des enfants commis par des soldats étrangers en Centrafrique. Les personnels des Nations unies en mission de paix sont régulièrement pointés du doigt dans ce genre d’affaires comme le souligne un rapport interne rendu public en mars 2015.

Casques bleus à Bangui, en Centrafrique.
Casques bleus à Bangui, en Centrafrique. (AFP)
Le rapport comporte 32 pages et résume une enquête qui porte sur une décennie d’efforts pour tenter de mettre fin à ces exactions. On parle de viols, d’agressions sexuelles et de trafics sexuels commis par des personnels de l’ONU et aussi de soldats de la paix. 79 allégations en 2014 contre 96 en 2013.
«Bien que le nombre de nouvelles allégations ait diminué, beaucoup reste encore à faire pour améliorer la riposte de l’Organisation à l’exploitation et aux atteintes sexuelles», note le rapport.
 
Et, même si les faits ont régressé ces quatre dernières années, la publication reste délicate pour l’image de l’ONU. Difficile en effet de voir dans les Casques bleus des criminels, alors que ces soldats doivent protéger des populations.
 
En 2014, la majorité des cas s’est déroulée lors de trois grandes missions :Haïti, RDC et Soudan du Sud. Treize fois des mineurs ont été victimes. Toujours selon le rapport, 60% de ces accusations depuis 2010 étaient infondées. Le rapport donne aussi la répartition des affaires par catégories.
Il s’avère que militaires (24 cas) et policiers(13 cas) sont plus souvent au cœur d’une accusation que les personnels civils (14 cas).
 
Cette affirmation fait bondir l’ONG AIDS-Free World. Elle accuse l’ONU de peindre en rose une situation plus dégradée que cela, et évoque l’existence d’un rapport datant de 2013 et jamais publié. Ce rapport parlait de l’impunité comme d'une norme et non d’une exception.
 
Ceci explique peut-être pourquoi Anders Kompass a fait fuiter l’affaire concernant les soldats français en Centrafrique. Il a peut être jugé que l’ONU était décidément trop frileuse pour reconnaître publiquement ces accusations.