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A Beyrouth, le pape lance un appel de paix

En visite pendant trois jours au Liban, Benoit XVI a exhorté samedi au palais présidentiel de Baabda, à "dire non à la vengeance" et à bannir "la violence verbale et physique", en les appelant à accepter "la société plurielle".
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (Stefano Rellandini Reuters)

Alors que le Moyen Orient est
secoué par la guerre civile en Syrie, ainsi que par des manifestations
violentes en représailles au film américain anti-islam, jugé
blasphématoire, le pape en voyage pendant trois jours au Liban, est venu
prononcé un discours d'apaisement et un appel en faveur de la liberté
religieuse.

Favoriser la paix dans la région

Samedi, au
palais présidentiel de Baabda, près de Beyrouth, le
souverain pontife a notamment axé son discours sur les
conditions religieuses et sociales qui peuvent favoriser la paix dans la
région.

Le pape a
tenu à rappeler que les croyants et les responsables religieux ont un rôle à
tenir dans la construction et le maintien de la paix. Mais à la seule condition
de mettre en place "une saine laïcité, la liberté religieuse et le dialogue
interreligieux"
.

En ce qui
concerne le bannissement de violence verbale ou physique, pour le Saint-Père "Elle est toujours une atteinte
à la dignité humaine, celle de l'auteur comme celle de la victime".
   

"Il s'agit de dire non à la vengeance, de reconnaître
ses torts, d'accepter les excuses sans les rechercher, et enfin de pardonner.
Car seul le pardon donné et reçu pose les fondements durables de la
réconciliation et de la paix" souligne t-il. 

Le Liban, un exemple de tolérance

Le souverain
pontife fait également remarqué que les chrétiens et les musulmans au Liban
partagent le même espace et parfois la même famille, et il s'est interrogé "Si dans une même famille cela
est possible, pourquoi cela ne le serait-il pas au niveau de l'ensemble de la
société?
". Il est fréquent au pays du cèdre que des femmes et
des hommes qui n'appartiennent pas à la même communauté religieuse se
marient. 

Pour Benoit
XVI, la liberté de pratiquer sa religion "sans mettre en danger sa vie " doit "être possible à quiconque ". 

"Une société plurielle n'existe qu'à cause du respect
réciproque et du dialogue continu. Ce dialogue n'est possible que dans la
conscience qu'il existe des valeurs communes à toutes les grandes
cultures" ajoute t-il. 

"Eradiquer le fondamentalisme religieux" (Benoit XVI)

Le pape
Benoit XVI, avait déjà demandé vendredi dans la basilique
gréco-melkite Saint-Paul de Harrisa, aux chrétiens de "ne
pas avoir peur
" face aux menaces qui les poussent à quitter le
Moyen-Orient.

Il recommandait aux juifs, chrétiens et musulmans "d'éradiquer
le fondamentalisme religieux
" qui est selon le chef de l'Eglise
catholique une menace "mortelle ".

Il a également
signé l'Exhortation apostolique "Ecclésia in Medio
Oriente
" - ensemble de directives aux évêques d'Orient - vendredi
soir. Ce document rappelle notamment la présence ancestrale des chrétiens comme
partie "intégrante " du Moyen-Orient, alors que le berceau du
christianisme fait face à un exode qualifié de "mortel " touchant particulièrement l'Egypte, l'Irak, et désormais la Syrie. 

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