Ce que l'on sait du "Luno", le cargo échoué à Anglet

Un navire espagnol s'est échoué, mercredi matin, sur une digue à Anglet (Pyrénées-Atlantiques), entraînant une pollution limitée au fioul. Le bateau s'est disloqué en trois morceaux. 

Le cargo battant pavillon espagnol s\'est brisé en deux sur les rochers d\'une plage d\'Anglet (Pyrénées-Atlantiques).
Le cargo battant pavillon espagnol s'est brisé en deux sur les rochers d'une plage d'Anglet (Pyrénées-Atlantiques). (BOB EDME / SIPA / AP)

L'image est impressionnante. Le Luno, un cargo battant pavillon espagnol s'est brisé en deux, balayé par les vents de la tempête Petra, avant d'être projeté sur les rochers à Anglet (Pyrénées-Atlantiques), mercredi 5 février. Les douze personnes à bord ont été hélitreuillées. Une pollution au fioul a été détectée. Francetv info revient sur ce que l'on sait de cet accident. 

Comment s'est-il échoué ?

Le cargo s'est brisé vers 10h30 sur une digue de la plage des Cavaliers, à Anglet. A son bord, onze membres d'équipage et un pilote du port de Bayonne. Selon la mairie d'Anglet, une panne de moteur serait à l'origine de l'accident. Incapable de manœuvrer, le navire a été emporté par les vagues jusqu'à la côte. 

Sur cette carte maritime où l'on peut suivre son parcours, on peut voir qu'à partir de 6 heures, l'équipage semble avoir totalement perdu le contrôle du bateau.

A partir de 6 heures, mercredi 5 février 2014, le Luno dérive progressivement vers la côte. 
A partir de 6 heures, mercredi 5 février 2014, le Luno dérive progressivement vers la côte.  (MARINETRAFIC / CAPTURE D'ECRAN FRANCETVINFO)

Dans la nuit de mecredi à jeudi, le cargo s'est disloqué en trois morceaux, a indiqué le sous-préfet de Bayonne, Patrick Dallennes. C'est l'arrière du bateau, encore à l'eau, qui s'est cassé en deux à cause de la houle : le 'château', qui comprend la cabine de pilotage, se trouve à 40 mètres de la plage ; le reste de la partie arrière, qui contient l'un des réservoirs, aurait sombré. 

Comment l'équipage a-t-il été secouru ? 

Un hélicoptère de la gendarmerie de Bayonne a tenté, dans un premier temps, de procéder à l'évacuation des douze hommes à bord, sans succès. Un hélicoptère militaire de la base aérienne de Cazaux (Gironde) a finalement été appelé en renfort. Il a pu les hélitreuiller à la mi-journée. L'opération a été rendue difficile par les fortes vagues et les rafales de vent, comme le prouvent ces images de France 3. 

Selon le responsable du Smur de Bayonne, il s'agit d'un "événement miraculeux car il y aurait pu avoir douze blessés graves", explique-t-il à Sud Ouest. Il n'y a qu'un blessé léger dû à une chute. Il s'agirait d'un nez cassé. "Ils sont choqués. Nous allons évaluer avec eux s'il faut mettre en place une cellule médico-psychologique."

Que transportait-il ? 

Contrairement à ce qui était annoncé dans un premier temps, le cargo ne transportait pas d'engrais. Il était vide et se dirigeait vers Bayonne pour venir charger des billettes d'acier de l'aciérie locale Celsa
 
La préfecture précise que le réservoir contient 127 000 litres de mazout, soit l'équivalent de quatre camions-citernes d'essence, mais qu'aucune pollution n'a été détectée pour le moment. Le plan Polmar (Pollution maritime) a néanmoins été déclenché, et les pompiers ont déployé des moyens de lutte contre la pollution à terre.

Quel est le risque de pollution ? 

Le risque de pollution est réel mais limité, puisqu'il concerne seulement le carburant contenu dans les cuves du navire. "Le cargo était vide, les risques de pollution sont liés au carburant de propulsion", a expliqué Frédéric Cuvillier. Sur place, le ministre des Transports a estimé que "les risques de pollution massive" pouvaient être "a priori écartés", notamment parce que le gasoil se dilue facilement.