Sécheresse: le Mont Saint-Michel, les pieds dans le sable

S'il est de coutume que les pèlerins se lavent les pieds dans l'eau après la traversée de la baie, le maire a décidé de fermer les pédiluves pour faire des économies d'eau.

Pour des millions de pèlerins, c'est la plus belle manière d'aborder le Mont-Saint-Michel (Manche) : traverser la baie pieds nus. Mais avec l'alerte sécheresse, cernant cette merveille, impossible de se débarrasser de cette vase grise qui colle aux pieds. Conséquences : le maire a coupé l'eau courante des pédiluves, ce dispositif destiné à laver les pieds nus.

Les pédiluves, "une aberration écologique trop coûteuse"

Le maire de la ville, Yves Galton (sans étiquette), n'a pas de mots assez durs pour ces pédiluves, en pleine période de sécheresse : "Un million de litres d'eau équivaut à 30 000 euros. Je trouve lamentable de mettre de l'eau potable - travaillée pour l'être - pour nettoyer ses pieds". Une décision loin de faire l'unanimité : "Ce n'est pas comme ça qu'on accueille les gens. C'est très dangereux d'aller se laver les pieds [dans la baie]. Cela glisse énormément et on peut se faire très mal", s'offusque Ludovic Coulon, guide de la baie Saint-Michel qui rappelle qu'on peut tomber la tête sur un rocher. Si certains partagent ce dépit, d'autres trouvent ces péripéties comme naturelles et faisant partie du périple. Le maire a annoncé une fermeture définitive, mais les guides, eux, réclament la construction d'un pédiluve au bord du ruisseau.

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Une femme march au Mont-Saint-Michel (Manche), le 7 mai 2018.
Une femme march au Mont-Saint-Michel (Manche), le 7 mai 2018. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)