Sécheresse : le développement des eaux usées, c’est "une mine d'or" pour l'avenir

L'eau est devenu une "ressource fragile", souligne la directrice générale du Centre d'information sur l'eau.

Le lit de la Loire à Montjean-sur-Loire, le 24 juillet 2019.
Le lit de la Loire à Montjean-sur-Loire, le 24 juillet 2019. (LOIC VENANCE / AFP)
#AlertePollution

Rivières ou sols contaminés, déchets industriels abandonnés… Vous vivez à proximité d’un site pollué ?
Cliquez ici pour nous alerter !

79 départements font l'objet d'arrêtés concernant la sécheresse et l'utilisation de l'eau. Le recyclage de l'eau représente une source "d'économie", affirme sur franceinfo jeudi 1er août Marillys Macé, directrice générale du Centre d'information sur l'eau, une association qui regroupe les professionnels assurant la gestion des services publics d'eau et d'assainissement. 

franceinfo : Faut-il déjà changer nos fonctionnements et se faire à l'idée qu'on aura peut-être plus d'eau un jour pour faire tourner certaines entreprises ?

Marillys Macé : En France, on a quand même de la chance parce qu'on a des ressources en eau très importantes. Cependant, depuis quelques années, il faut y faire attention. L'eau n'est plus aussi facile qu'il y a quelque temps. C'est devenu une ressource fragile. Il y a une vraie prise de conscience, que ce soit chez des professionnels mais également chez les particuliers et les agriculteurs. Tout le monde se mobilise petit à petit.

Faut-il prioriser les secteurs d'activités pour lesquels on a réellement besoin d'eau ?

Bien évidemment. Quand on est dans des situations comme celle que l'on connaît actuellement, on essaie déjà de "sauver" toutes les utilisations d'eau potable pour les incendies, la sécurité civile, la santé, l'hygiène dans les villes, continuer à pouvoir nettoyer les voiries... Mais c'est vrai que l'agriculture, par exemple, a besoin de beaucoup d'eau. Une des possibilités va donc être que les agriculteurs travaillent sur une économie d'eau. Des travaux se sont déjà mis en place petit à petit. On n'en a pas l'impression parce que les agriculteurs font leur travail comme tout le monde mais ils économisent au jour le jour, via l'irrigation par goutte à goutte par exemple. Ce sont des choses qui vont devoir continuer à être mises en place, comme changer petit à petit les espèces variétales pour les remplacer par d'autres moins gourmandes en eau. Il faut aussi développer les eaux usées. C'est une mine d'or. Traiter ces eaux qu'on a déjà utilisées une fois et pouvoir s'en servir pour pas mal d'usages : ça va être une économie.

Ce travail doit-il forcément passer par des obligations et des interdictions, comme il en existe dans 78 départements actuellement ?

Pour le moment, il faut que ça passe par des arrêtés préfectoraux afin que les gens stoppent vraiment certaines utilisations. On ne peut pas faire autrement que de passer par une règlementation. Cependant, quand on regarde la carte de Propluvia, on n'est pas en crise partout. Il y a des endroits où on est simplement en vigilance, c'est-à-dire qu'on demande aux gens de faire attention mais il n'y a pas encore d'obligations. Dans des zones orange ou rouge, [c'est-à-dire en alerte renforcée ou en crise], les conseils à suivre deviennent beaucoup plus prégnants.