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Sécheresse : "Je me sens maltraité", confie un agriculteur de la Vienne menacé par des restrictions d'eau

Comme l'été dernier, l'irrigation des terres agricoles dans la Vienne pourrait être interrompue dans les prochaines semaines en raison de la sécheresse.
Article rédigé par Etienne Monin
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Le niveau du Clain est faible à Poitiers, le 21 février 2023. (MATHIEU HERDUIN / MAXPPP)

Les restrictions et le partage de l'eau sont au centre d'une réunion lundi 6 mars, qui rassemble tous les préfets de France autour du ministre de la Transition écologique. La France est en situation de crise. Les nappes ne se sont pas rechargées cet hiver. Et dans certains secteurs, les agriculteurs ne savent pas s'ils vont pouvoir irriguer. C'est le cas dans la Vienne. 


>> Agriculteur, pêcheur, maire... En plein hiver, ils souffrent déjà de la sécheresse


Quand on entre dans la chambre froide de la ferme de Damien Laroche, à quelques kilomètres de Poitiers, on peut y voir des yaourts et de la viande conditionnée. L'année dernière, dans cette ferme, l'irrigation, a été coupée en juillet. Et cette année, le préfet a laissé entendre que l'agriculture dans ce secteur était de nouveau menacée. "Personnellement, je me sens maltraité par la préfecture", confie l'agriculteur, qui n'a plus de garantie sur son avenir. "On nous annonce presque un arrêt de l'irrigation dans notre département, ce qui fait qu'on n'a pas de perspective d'avenir pour nos filières d'élevage, de maraîchage ou culture spécialisée", déplore-t-il. 

Projet de bassines suspendu

Dans ce département, le sujet de la répartition de l'eau est au cœur des préoccupations. Il faut dire que laa gestion de crise durait depuis des décennies. Le gestionnaire de l'eau dans la Vienne a donc fait un état des lieux. Le résultat provisoire montre qu'il va falloir faire des économies importantes d'eau et revoir la répartition.

Cela remet en question le projet de bassines qui a été lancé par les agriculteurs. Près de la ferme de Damien Laroche, cinq réserves étaient envisagées. "La renaturation des rivières aura beaucoup plus d'impact que de faire des réserves de substitution. Nous avons un projet de cinq réserves, alors peut-être que deux suffiront si on renature la rivière", assure Laurent Lambert est l'un des porteurs du projet, préoccupé par la sauvegarde de l'irrigation."

"Nous, on sait très bien que s'il y a de l'eau dans la rivière, on pourra irriguer derrière." 

Laurent Lambert

à franceinfo

Pour construire les bassines, les agriculteurs comptaient sur des fonds importants de l'agence de l'eau. Les opposants au projet dans ce nouveau contexte proposent donc de rediriger cet argent pour s'adapter. "Ça voudrait dire qu'ils seraient subventionnés pour changer de mode de culture, suggère Jean-Claude Hallouin de l'association Vienne Nature. Et il pourrait être aidé aussi pour mettre en place des filières puisque lorsqu'on cultive de nouvelles variétés, l'un des problèmes, c'est qu'il n'y a pas, il n'y a pas la filière derrière." 

Aujourd'hui, les agriculteurs disent qu’ils ont fait déjà beaucoup en matière de transition. Les partisans des bassines menacent aujourd'hui d'attaquer l'étude sur l'eau pour sauvegarder l'irrigation.

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