Sécheresse : dans l'Indre, la crainte d'une pénurie d'eau cet été grandit avec des rivières "dans un seuil de crise"

Le récent épisode de neige n'y change rien, l'hiver a été trop sec pour remplir les nappes phréatiques et les cours d'eau. Associations et autorités locales se mobilisent pour alerter la population. 

Article rédigé par
Manon Vautier-Chollet - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Christian Toussaint, bénévole de l'association Indre Nature. (MANON VAUTIER-CHOLLET / RADIO FRANCE)

Dans le département de l'Indre, le déficit de pluie est de 60% depuis janvier. Christian Toussaint, bénévole à Indre nature, constate déjà les dégâts à Châteauroux : "Là, on se trouve sur une petite rivière, un affluent de l'Indre. Et même si on entend de l'eau couler là, actuellement, on a un niveau qui est inférieur de 80% à la normale."

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Malgré le récent épisode de neige, la sécheresse menace déjà une grande partie de la France métropolitaine : Alsace, Alpes-Maritimes, nord du Poitou... Certains de ces territoires ont déjà mis en place des arrêtés préfectoraux de vigilance et craignent l'été qui arrive.

La crainte de revivre le scénario de l'été 2019

Dans l'Indre, les précipitations ont été trop faibles cet hiver, les nappes ne sont pas assez remplies, et les cours d'eau ont moins de débit. Les récentes averses n'ont pas suffi à inverser la tendance. Pour Christian Toussaint, cette situation est due au changement climatique : "On a pris 1,85 degrés en 40 ans sur la région Centre et on s'est aperçu qu'en fait, on a perdu entre 40 à 60% des volumes d'écoulements l'été."

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La crainte dans ce département, c'est le retour du scénario vécu à l'été 2019 : nappes et cours d'eau étaient à sec. Une centaine de communes de l'Indre avait été déclarées en état de catastrophe naturelle. Une commune avait même été privée d'eau potable. Pour l'éviter à tout prix, associations et collectivités analysent des graphiques et statistiques toutes les semaines.

Un impact sur la biodiversité

La situation n'est pas rassurante, déplore Rick Vandérarvène, directeur de la direction départementale des territoires de l'Indre : "Vous voyez la courbe du débit à la sortie de l'hiver pour le cours d'eau de la Bouzanne qui montre qu'on est d'ores et déjà dans un seuil de crise." Il tente d'anticiper au maximum "l'humidité des sols, pour le débit des cours d'eau et les températures, on les compare sur une série de données."

"L'idée, c'est d'informer l'ensemble des usagers et d'anticiper pour éviter de se retrouver dans ces situations critiques et de rupture d'alimentation."

Rick Vandérarvène, direction départementale des territoires de l'Indre

à franceinfo

Tout au sud de l'Indre, le maire de Sainte-Sévère, François Daugeron, élu au département, pense au travail qu'il reste à faire : "Toujours dans la distribution de l'eau, il faut absolument qu'il y ait un grand travail de fait sur les canalisations qui, souvent en milieu rural, datent de 50, 60 ans."

D'autant que cette sécheresse affecte toute la biodiversité, se désole Christian Toussaint : "J'ai perdu 50% de mon terrain de jeu. J'aimais bien remonter les ruisseaux, étudier la faune, pêcher. Partout c'est mauvais." Le bénévole invite tout le monde à économiser l'eau, entreprises, habitants et les agriculteurs irrigants.

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