Pic de chaleur dans le Sud : "Tant que l'épisode ne dure pas, les risques pour la santé sont limités"

Franceinfo a interrogé Christophe Prudhomme, porte-parole de l'Association des médecins urgentistes, à l'approche d'un nouvel épisode caniculaire. Il rappelle les précautions à adopter en cas de fortes températures.

Un couple profite des températures estivales à Palavas-les-Flots (Hérault), le 13 juin 2017.
Un couple profite des températures estivales à Palavas-les-Flots (Hérault), le 13 juin 2017. (PASCAL GUYOT / AFP)

37 °C à Carpentras, 35 °C à Nîmes, 36 °C à Orange... Météo France prévoit, mercredi 14 juin, des températures "exceptionnellement élevées" dans le sud de la France. Cet épisode de chaleur pourrait durer plus d'une semaine, selon les prévisionnistes. Christophe Prudhomme, porte-parole de l'Association des médecins urgentistes, rappelle les précautions à adopter pendant ces quelques jours.

Franceinfo : Des températures très élevées sont attendues dans l'Hexagone durant les prochains jours, notamment dans le Sud. Faut-il s'inquiéter de ce pic de chaleur ?

Christophe Prudhomme : Pour l'instant, il fait très chaud en journée mais les températures diminuent la nuit. Ce différentiel évite à l'organisme d'être trop sollicité. Lorsqu'il fait trop chaud la nuit, les gens ne récupèrent pas, ils continuent de transpirer et les risques de déshydratation sont plus élevés. Tant que l'épisode ne s'intensifie pas et ne dure pas, les risques pour la santé sont limités. Comme chaque année, il faut toutefois adapter son mode de vie à l'arrivée de l'été et des températures plus chaudes.

Quels sont les risques pour la santé lorsque l'on est exposé à des températures supérieures à 30 °C, voire à 35 °C ?

Au-delà de 35 °C, l'organisme est soumis à de fortes contraintes, en particulier chez les personnes fragiles. Il ne s'agit pas uniquement des personnes âgées et des jeunes enfants. Les malades atteints de pathologies chroniques cardio-respiratoires sont également très sensibles à la chaleur, qui coïncide souvent avec des pics de pollution. Les personnes sous traitement psychiatrique sont, elles aussi, plus fragiles.

Certains médicaments pour la tension et l'insuffisance cardiaque, en particulier les diurétiques, peuvent avoir des effets plus forts en cas de déshydratation. Cela peut mener à des malaises et des chutes. Le métabolisme fonctionne en outre différemment : on mange et on boit moins, ce qui modifie le métabolisme des médicaments. Si la vague de chaleur se prolonge dans le temps, mieux vaut contacter un médecin pour savoir s'il faut adapter ces traitements afin d'éviter tout surdosage.

Quelles précautions faut-il prendre dans les prochains jours ?

Les conseils habituels sont de mise. C'est juste une question de bon sens : il faut rester à l'intérieur, dans des locaux bien ventilés, aux heures les plus chaudes de la journée. Les activités sportives se pratiquent plutôt de bonne heure le matin. Il faut éviter les efforts intenses à la mi-journée.

Les premiers vacanciers devraient plutôt aller à la plage le matin ou en fin d'après-midi. Ils doivent rester vigilants car la peau est très sensible au début de l'été et la surexposition est un facteur de risque de cancer. Pour éviter insolations et coups de soleil, il faut mettre un chapeau et un tee-shirt aux enfants. Et surtout s'assurer qu'ils sont bien hydratés !