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Vivre à proximité de grands axes routiers accroît les risques de démence, selon une étude

Les deux polluants les plus impliqués dans la démence sont le dioxyde d'azote (NO2) et les particules fines, détaille cette étude publiée, jeudi, dans la revue médicale britannique "The Lancet".

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Une vue aérienne de la jonction autoroutière à Houston au Texas (Etats-Unis), le 9 août 2013. (HOWARD KINGSNORTH / GETTY IMAGES)

Les personnes vivant à proximité des grands axes routiers auraient un risque accru de développer des démences comme la maladie d'Alzheimer, selon une vaste étude, publiée jeudi 4 janvier, dans la revue médicale britannique The Lancet (en anglais). L'étude n'a, en revanche, pas réussi à établir de lien entre l'exposition au trafic routier et deux autres maladies neurologiques, la maladie de Parkinson et la sclérose en plaques.

En étudiant plus de 6 millions d'adultes vivant dans la province canadienne de l'Ontario entre 2001 et 2012, des chercheurs ont estimé que 7 à 11% des cas de démence observés chez les personnes vivant à moins de 50 m d'une route à fort trafic pouvaient être attribués à l'exposition à la circulation.

"Un fardeau pour la santé publique"

Le risque augmente de 7% pour les personnes vivant à moins de 50 m, de 4% pour celles vivant à une distance comprise entre 50 et 100 m, de 2% pour une distance de 100 à 200 m. Au-delà de 200 m, le sur-risque devient inexistant, selon les chercheurs dirigés par le Dr Hong Chen, de l'agence de Santé publique de l'Ontario. Ils ont également découvert que les deux polluants les plus impliqués dans la démence étaient le dioxyde d'azote (NO2) et les particules fines, émis par les véhicules à moteur, même si d'autres facteurs comme le bruit pourraient, également, jouer un rôle.

"Notre étude suggère que le trafic routier pourrait être une source de stress environnemental capable de favoriser l'apparition de la démence", relève le Dr Hong, qui reconnaît que de nouvelles recherches sont indispensables pour préciser ce lien. Mais compte tenu de l'urbanisation croissante, même un "impact modeste" peut "constituer un fardeau pour la santé publique" note-t-il.

Certains experts se montrent dubitatifs

Plusieurs experts indépendants se sont, pour leur part, montrés prudents, relevant que l'étude ne permettait pas de déterminer précisément le rôle joué par la pollution dans la démence. "Nous ne pouvons tout simplement pas dire si c'est dû à la pollution ou à d'autres raisons", relève le Pr Tom Dening, directeur du centre pour la vieillesse et la démence de l'Université britannique de Nottingham.

L'étude "ne nous dit pas si le petit accroissement du risque de démence est le résultat d'un effet direct ou indirect de l'exposition au trafic", note pour sa part le Pr Rob Howard de l'University College de Londres.

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