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La moitié nord de la France suffoque sous la pollution aux poussières

C'est le revers du beau temps. Un épisode de pollution aux particules fines se prolonge. Avec des risques pour la santé.
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Saint-Lô n'a pas l'habitude de ce genre de situation. La qualité de l'air dans la préfecture de la Manche atteint aujourd'hui l'indice maximum, 10, pour la pollution aux particules fines. Air-COM juge aussi l'air de Caen "très mauvais" en raison de la présence massive de ces poussières de moins de 10 microns, capables de pénétrer profondément dans les bronches et d'y provoquer une inflammation.

Tout le tiers nord de la France, de l'estuaire de la Loire jusqu'à la frontière belge, est concerné par cet épisode de pollution. Dans le Nord - Pas-de-Calais, voilà une semaine que cela dure : le
seuil de 50µg/m³ est franchi depuis le 21 mars à 16h. Les normes européennes préconisent de ne pas dépasser plus de 35 jours par an ce niveau de concentration, calculé sur les dernières 24
heures.

Interdiction de courir à l'école

Le franchissement de ce seuil entraîne des mesures automatiques, comme la réduction des limitations de vitesse, rarement respectée. En Normandie, les enfants des écoles sont priés de ne pas courir pendant la récréation (en bas de cette page, écoutez un reportage dans une maternelle près de Caen).

Les enfants, dont le système respiratoire n'est pas complètement formé, sont particulièrement sensibles aux conséquences de ces poussières. Elles risquent notamment de provoquer de l'asthme dans les jours et les semaines qui suivent l'exposition.

A la campagne aussi le fond de l'air est pollué

Ces particules sont produites par la circulation automobile, en particulier les moteurs diesels, et l'industrie. C'est pourquoi les villes sont le plus souvent touchées. Marseille et Toulon sont aujourd'hui au niveau 8. Lyon est à peine mieux loti, avec un indice de 7 selon Air Rhône-Alpes.

Mais l'épandage agricole participe aussi au phénomène, dans une moindre mesure. A la campagne aussi, le fond de l'air est mauvais : dans toute la moitié nord de la France, les concentrations de particules correspondent au niveau 6, qualifié de "médiocre" dans l'échelle de qualité de l'air.

Ni vent ni pluie

Le début de printemps anormalement chaud explique en grande partie cet épisode de pollution. Les masses d'air bougent très peu à l'échelle de l'Europe, donc les poussières en suspension s'accumulent. Aucune pluie ne vient les plaquer au sol.

La situation devrait encore se dégrader demain, selon les projections de Prev'Air, le Météo France de la pollution. L'amélioration attendra vendredi.

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