INFOGRAPHIE. Particules fines : dans le métro, les Parisiens respirent un air plus pollué que sur le périphérique

En analysant les mesures réalisées par la RATP, on constate que la concentration en particules fines dépasse largement les seuils d'exposition recommandés par l'OMS.

"Choisir les transports en commun, c’est préserver l’air que vous respirez." Voici le slogan de l'édition 2017 de la Journée du transport public, qui a lieu samedi 16 septembre, et dont l'objectif annoncé est de "valoriser les transports de proximité auprès du grand public pour encourager le changement de comportement". Mais qu'en est-il de la qualité de l'air que nous respirons dans ces transports en commun ? En analysant les mesures réalisées par la RATP dans le métro parisien, on constate que la concentration en particules fines dépasse largement les seuils d'exposition recommandés par l'OMS.

Depuis une vingtaine d'années, la RATP réalise des mesures de la qualité de l'air dans trois stations : Châtelet (sur la ligne 4), Auber (sur le RER A) et Franklin D. Roosevelt (sur la ligne 1). Pour visualiser la pollution à laquelle nous faisons face au quotidien dans le métro, nous avons représenté la concentration en particules fines PM10 dans ces stations. Cette infographie montre une journée type, basée sur les concentrations moyennes enregistrées à chaque heure, entre le 1er janvier et le 10 septembre 2017. A titre de comparaison, nous avons également ajouté des mesures réalisées en extérieur par Airparif sur l'avenue des Champs-Elysées et sur le périphérique parisien.

Le constat est sans appel. Si ce n'est pendant la nuit (entre 2 et 6 heures du matin), les concentrations en PM10 sont largement supérieures dans le métro parisien. Cette pollution aux particules fines provient à la fois de l’air extérieur, qui ventile les couloirs, et des travaux en cours. Elle est également produite par le freinage mécanique des trains. Certains jours à Châtelet, sur la ligne 4, la concentration en PM10 dépasse les 300 µg/m3 alors que le seuil d'alerte en extérieur est fixé à 80 µg/m3 par la législation française. Cette réglementation n'est pas valable dans le métro parisien.

Un problème dont la RATP est consciente

Quel impact sur notre santé ? Dans une étude publiée en septembre 2015, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) indiquait que ces particules retrouvées dans le métro étaient "au moins aussi toxiques à court terme que les particules de l'air ambiant extérieur". Dans un document distribué aux usagers vendredi 15 septembre à la gare du Nord, la Fédération générale des transports-environnement (FGTE) de la CFDT alertent particulièrement sur les risques pour les agents qui travaillent dans les souterrains du réseau parisien, exposés de façon chronique.

Nous ne disposons pas de mesures dans d'autres stations du métro parisien. Contacté par franceinfo, la RATP indique que "ces mesures sont complétées par d’autres plus ponctuelles qui concernent l’ensemble du réseau". Ces dernières ne sont pas publiées. Quant aux moyens consacrés par l'entreprise pour lutter contre cette pollution, ils reposent sur un renforcement et un renouvellement des systèmes de ventilation, l'abandon des motrices diesel et un passage à des systèmes de freinage électriques. Interrogée au sujet de la pollution par franceinfo, la RATP indique qu'"il s’agit d’un phénomène constaté dans tous les réseaux ferroviaires du monde" et qu'"il n’existe pour l’heure aucune norme en matière de particules dans les espaces souterrains, ce qui n’empêche pas la RATP d’engager des actions visant à réduire la présence des microparticules dans l’air".