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De Glasgow à Athènes, la qualité de l'air passée au crible

L'association Respire en partenariat avec le magazine "We Demain" a réalisé un classement des 100 plus grandes villes d'Europe selon ce critère. En voici les principaux enseignements.

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La ville de Lyon (Rhône) touchée par un épisode de pollution aux particules fines, le 14 mars 2014. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Sept millions de décès prématurés étaient liés à la pollution de l'air, en 2012, selon une étude récente de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). L'association environnementale française Respire a choisi d'examiner à la loupe la qualité de l'air dans les 100 plus grandes villes d'Europe. Elle publie ses résultats dans un rapport, mercredi 4 juin, en association avec le magazine We Demain. Francetv info revient sur les principaux enseignements de cette étude.

La France, mauvaise élève

Cinq villes françaises figurent dans ce classement qui répertorie le nombre de jours de dépassement des seuils sanitaires. En 94e place, Marseille est la mauvaise élève : on relève dans la ville plus de 200 jours par an de dépassement des seuils sanitaires en particules, dioxyde d'azote mais aussi ozone. Ensuite, on trouve Paris, à la 84e place, avec 139 jours de dépassement. Enfin Nice, Lyon et Toulouse, qui comptent respectivement 90, 60 et 51 jours de dépassement des normes.

C'est bien la circulation des voitures qui pose problème, affirme Amélie Fritz, ingénieure chez Airparif, qui surveille la qualité de l'air en Ile-de-France, citée par le Parisien (article payant). Selon le quotidien, à Nice ou Marseille, 73% des habitants roulent "dans des voitures diesel, qui émettent bien plus de particules fines que les moteurs essence".

Les villes de l'Est  plus polluées

Le rapport révèle par ailleurs que les villes de l'Europe de l'Est sont particulièrement touchées par ces pollutions. Budapest (Hongrie), Sofia (Bulgarie), Varsovie (Pologne) ou encore Prague (République tchèque) sont dans le rouge, selon l'étude de l'association Respire. 

En Bulgarie, le chauffage au charbon ou au bois constitue la principale cause de pollution, selon l'Agence européenne de l'environnement, rappelle Sciences et Avenir. Le magazine explique également que les centrales thermiques émettent de fortes concentrations de particules de dioxyde de soufre.

Les villes du Nord, bien classées

En revanche, les villes situées dans le nord de l'Europe apparaissent vertueuses. Contrairement aux idées reçues, les villes anglaises de Liverpool, Manchester ou Leicester, où l'on visualise des cheminées d'usines, sont parmi les moins polluées d'Europe, avec en moyenne moins de 30 jours de dépassement. 

Energy Cities, une association européenne de villes en transition énergétique, relevait dans un rapport datant de 2009 les efforts consentis par Manchester, notamment en terme de réduction des émissions de CO2, de limitation de l'utilisation de la voiture ou encore de soutien aux énergies renouvelables.

Une disparité dans les stations de mesure

Néanmoins, certains résultats du classement étonnent. Ainsi, la première ville du palmarès est Cluj-Napoca en Roumanie. Or l'association Respire précise que cette ville de 324 000 habitants ne possède que deux capteurs, "qui n'ont pas l'air de fonctionner". La ville roumaine n'a pas non plus de mesures de particules fines, ce qui explique donc ses très bons résultats.

L'association détaille également que "les stations de mesure à travers l’Europe ne semblent pas être installées de manière optimum partout". Dans Le Parisien, Franck Laval, président d'Ecologie sans frontière, affirme que "certains pays peuvent tricher en utilisant des capteurs situés dans des endroits moins pollués ou en ne transmettant pas leurs informations sur les particules fines".

Une pollution sans frontière

Enfin, le rapport conclut que si certaines villes tentent de mettre en place des politiques de réduction de la pollution de l'air, leur efficacité reste relative, "car la pollution n’a pas de frontière et se déplace sur des milliers de kilomètres", assure Respire.

L'association environnementale réclame donc des politiques coordonnées au niveau européen et mondial. Respire souhaiterait ainsi que la directive européenne NEC (National Emission Ceilings), qui fixe les plafonds d'émission de polluants à ne pas dépasser à partir de 2020 et 2030, soit un outil central d'une politique européenne. Mais l'association regrette les objectifs énoncés par la Commission européenne, qu'elle juge "trop bas".

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