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Pollution : "On a 48 000 décès prématurés en France, chaque année"

Le circulation alternée est reconduite à Paris et sa proche banlieue, pour la journée de mercredi. Une partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes connaît également un pic de pollution, mais la circulation n'a pas été modifiée. Pour Sébastien Vray, président de l'association Respire, invité de franceinfo, déplore cette situation.

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Radio France
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Sur le périphérique parisien, le 2 novembre 2015. (CAROLINE PAUX / CITIZENSIDE / AFP)

La circulation alternée est appliquée, mercredi 7 décembre, pour la deuxième journée consécutive à Paris et sa proche banlieue en raison du pic de pollution aux particules fines et au dioxyde d'azote. Une partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes est aussi concernée, mais la circulation alternée n'a pas été décrétée.

Sébastien Vray, président de l'association Respire, invité de franceinfo mercredi, parle "d'une question de courage politique."

franceinfo : Pourquoi seules Paris et les villes de sa proche banlieue mettent en place la circulation alternée ?

Sébastien Vray : C’est une question de courage politique, parce qu’il n’y a aucune raison pour que les grandes agglomérations pourvues de réseaux de transports, ne mettent pas en place la circulation alternée. D’autant plus qu'il existe des applications numériques mobiles qui permettent de mettre facilement en lien les gens afin d'organiser des covoiturages entre le domicile et le travail. 80 % des déplacements en France sont pour aller au travail le matin.

Mais à Lyon, où beaucoup de travailleurs viennent de loin, est-ce compliqué d'instaurer la circulation alternée ?

C’est difficile quand on habite dans des moyennes ou des petites agglomérations. C’est pour cela que la responsabilité ne devrait pas incomber seulement aux citoyens, souvent pris au dépourvu par le manque d’information, mais bien à l’État qui est en complète carence dans l’organisation du transport en France.

Cela fait quarante ans qu'il y a des problèmes de santé liés à la pollution de l'air. Les organismes de défense de la qualité de l’air font le même constat chaque année. Il y a des périodes, comme en décembre, qui sont fortement polluées et partout en France.

Qu’est-ce que l’on attend pour inciter à l’innovation technologique ? Nos constructeurs savent depuis 40 ans qu’ils pourraient changer leurs moteurs, avoir des technologies beaucoup plus performantes et l’État doit mieux informer le grand public pour accompagner le changement.

Cela signifie-t-il que les préfectures attendent que le pic passe pour ne pas avoir à intervenir ?

On a 48 000 décès prématurés en France chaque année. C'est la troisième cause de mortalité. Le politique ne réagit qu’à la pression de l’opinion. Cette opinion en l’occurrence est aidée par la communauté internationale scientifique. Ce sont des organismes tels que l’Organisation Mondiale de la Santé ou l’Unicef qui parlent de pollution de l’air. S'il n'y a pas d’accompagnement pour préparer la modification des comportements, cela sera systématiquement vécu comme une contrainte. Je pense qu’on est dans un moment similaire à celui où l’on a demandé d’arrêter la cigarette dans les lieux publics. 

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