Circulation alternée : le bras de fer entre Hidalgo et Royal en six actes

La maire de Paris annonce que l'Etat a accepté de mettre en place la circulation alternée lundi, après plusieurs jours de refus. Retour sur un thème de discorde avec la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal.

La maire de Paris Anne Hidalgo réclame la mise en place de la circulation alternée à la ministre de l\'Ecologie Ségolène Royal, qui a fait part de ses réticences.
La maire de Paris Anne Hidalgo réclame la mise en place de la circulation alternée à la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, qui a fait part de ses réticences. ( REUTERS)

La pollution aux particules fines s'installe en région parisienne. L'épisode doit se prolonger tout le week-end en Ile-de-France, annonce Airparif, l'organisme chargé de la surveillance de la qualité de l'air dans la région. Le seuil d'alerte pour la concentration en particules pourrait être dépassé, samedi 21 mars.

Alors que la maire de Paris Anne Hidalgo réclame la mise en place de la circulation alternée, mais la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal ne veut pas en entendre parler avant lundi minimum, à condition que la pollution n'ait pas baissé. Francetv info revient sur un désaccord de plus en plus difficile à cacher.

Acte 1 : Hidalgo réclame la circulation alternée

Après le dépassement du seuil d'information mardi, et du seuil d'alerte mercredi, Airparif, l'organisme prévoit un dépassement du seuil d'information jeudi et vendredi. La maire de Paris Anne Hidalgo demande alors à l'Etat la mise en place de la circulation alternée. Cette mesure, qui n'a été mise que deux fois en œuvre dans Paris, est soumise à l'aval de l'Etat.

Elle annonce également la gratuité des transports publics.

Acte 2 : Royal appelle Hidalgo à agir davantage

Mais la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal se montre prudente, au micro de LCP, et attend de nouvelles mesures de pollutions avant de se décider : "Il ne faut pas non plus prendre des décisions intempestives." Au passage, la ministre tacle sévèrement l'élue. "Il faut que la Ville de Paris agisse de manière beaucoup plus déterminée parce qu'il y a beaucoup d'annonces et on ne voit pas beaucoup de changements."



Un communiqué de la préfecture de police tombe un peu plus tard : "Il a été décidé, pour la journée de vendredi, d'abaisser la vitesse de 20 km/h sur les routes franciliennes", et donc, de ne pas instaurer la mesure réclamée par Anne Hidalgo. Cette dernière n'apprécie pas la nouvelle, pas plus que le groupe des élus écologistes à la région. Ce dernier menace de porter plainte pour mise en danger de la vie d'autrui.

Acte 3 : Les élus franciliens sont en colère

"Je trouve ça consternant, vraiment consternant (...) Il n'y a pas besoin d'avoir beaucoup de réflexion pour se dire qu'il faut faire quelque chose et vite", estime l'ancienne ministre EELV Cécile Duflot sur RTL, tandis qu'Anne Hidalgo réclame à nouveau la mesure, en reprenant mot pour mot sa demande de la veille. Ségolène Royal publie deux messages cinglants sur Twitter.

Acte 4 : Matignon et l'Elysée dans le débat

Pour calmer le jeu, le président François Hollande s'immisce dans le débat depuis Bruxelles, en affirmant que des décisions concernant la circulation alternée seraient prises "dès la fin de l'après-midi". Dans le même temps, Anne Hidalgo adresse une lettre au Premier ministre Manuel Valls. Elle y réclame que la mise en œuvre de la circulation alternée soit simplifiée en cas de pic de pollution. Dans la soirée, Ségolène Royal ouvre la porte à la mesure, mais pas avant lundi et uniquement si la pollution n'a pas baissé.

Acte 5 : Hidalgo et Royal face à face dans les médias

AnneHidalgo revient à la charge, samedi, dans un entretien au Parisien."La santé des Parisiens et de la population ne peut pas se négocier. On ne peut pas continuer comme ça." Interrogée sur les reproches exprimés par Ségolène Royal, l'élue botte en touche. "Je préfère ne pas commenter ce genre de propos. J'agis en maire responsable et j'agis concrètement."

Face à elle, la ministre est elle aussi interrogée. Et Ségolène Royal semble passablement agacée par la tournure des événements."On s’en prend toujours à l’Etat, mais il faut aussi que les élus, la mairie de Paris et la région soient mis devant leurs responsabilités, se prennent en charge et se coordonnent." Elle ajoute également que la mairie de Paris aurait dû notamment "mettre en place la gratuité des transports plus tôt et organiser des actions d’information." La décision de Ségolène Royal est attendue avant la fin de la journée.

Acte 6 : Hildalgo se réjouit que l'Etat ait enfin accepté

En début d'après-midi, Anne Hidalgo publie un message sur Twitter. "Je me réjouis que l'Etat ait accepté de mettre en place lundi la circulation alternée, que je demandais depuis plusieurs jours." Pour le moment, aucune source gouvernementale n'a confirmé cette information.