Cet article date de plus de sept ans.

Météo : et pendant ce temps-là, on transpire en Russie

L'Europe est coupée en deux : à l'Ouest, pluie et grisaille. A l'Est, les températures sont de 3 à 4°C au-dessus des normales saisonnières.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des adolescents se rafraîchissent dans une fontaine à Moscou (Russie), le 14 mai 2013. (RIA NOVOSTI / AFP)

Ce printemps est le plus froid que l'Hexagone ait connu depuis 1987, selon Météo France. La majeure partie du pays continue de frissonner à l'approche du mois de juin. "Sur la période du 1er mars au 30 mai, on s’aperçoit que mai concentre le plus fort déficit en températures", précise Jérôme Cerisier, prévisionniste pour La Chaîne Météo-Météo Consult, contacté par francetv info. 

Mais ce record de fraîcheur est loin d'être homogène. Tour d'Europe.

Toute l'Europe de l'Ouest fait grise mine...

Comme le montre une carte animée de Météo France, deux anticyclones bloquent une dépression sur l'Europe de l'Ouest. Le premier, l'anticyclone des Açores, est situé plus au nord que d'ordinaire. "Il est resté dans sa position hivernale", constate Jérôme Cerisier. A l’Est, un autre anticyclone s’est installé et bloque ces dépressions sur l’Europe de l'Ouest.

L'Espagne a essuyé des chutes de neige dès 900 mètres d'altitude ce mois-ci, comme l’indiquait El Pais (en espagnol), et une tornade a frappé début mai en Italie. "En Suisse, il s’agit du dixième printemps le plus froid depuis 1960", affirme à francetv info Pierre Eckert, directeur du centre régional de MétéoSuisse, à Genève.

... alors qu'il fait 30°C en Russie

Pour échapper aux dépressions qui se promènent entre l'Islande et la Méditerranée, c’est dans les pays nordiques qu'il faut aller. Avec un anticyclone sur la Scandinavie, on y trouve du beau temps : "25°C en Finlande et Norvège, et même 30°C en Russie, indique Jérôme Cerisier, de Météo Consult. Ces pays sont à 3 ou 4°C au-dessus de leurs moyennes de saison, c’est l’inverse en France." 

A la mi-mai, la radio La Voix de la Russie indiquait que Moscou était la capitale la plus chaude d'Europe, avant Rome ou Athènes. Peut-on y voir un lien avec les fontes des glaces qui avaient forcé une station polaire russe, installée sur la banquise du pôle Nord, à évacuer les lieux ? Pierre Eckert invite à dépasser la simple conjoncture de ce printemps chaud : "L’Arctique prend 3 à 4°C tous les cent ans."

Même constat pour la semaine à venir

La majorité des Français ont profité lundi de quelques rayons de soleil. On n'a pas rattrapé pour autant les normales de saison. Les 36,2°C recensés à Dax (Landes) le 30 mai 1996 sont bien loin. Mardi 28 mai, c’est reparti pour la grisaille et les giboulées. 

Selon Jérôme Cerisier, il faudra attendre le milieu de la semaine prochaine pour avoir enfin des températures de saison, l'anticyclone des Açores se déplaçant un peu plus vers chez nous. "Les minimales augmenteront mais les maximales resteront basses (15-16°C)", explique Jérôme Lecou, prévisionniste chez Météo France. La première quinzaine de juin devrait se rapprocher de ce que l'on attend d'un printemps. "La différence sera moins marquée avec l'Europe orientale, mais l'axe d'air chaud restera entre les Balkans et la Russie", indique-t-il.

Et inutile de condamner les météorologues ; comme le rappelait Joël Collado sur France Info, ils n'y sont pour rien !

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.