Sur la Côte d'Azur, la grève à la SNCF passe mal après les inondations

Cette décision provoque l'indignation de la direction régionale, mais aussi celle des habitants de la région, moins d'une semaine après les intempéries meurtrières et dévastatrices.

Les quais de la gare de Cannes (Alpes-Maritimes), le 4 octobre 2015.
Les quais de la gare de Cannes (Alpes-Maritimes), le 4 octobre 2015. (PATRICK CLEMENTE / AFP)

Les cheminots ont décidé de maintenir leur grève, vendredi 9 octobre, sur la Côte d'Azur. Ce choix provoque l'indignation de la direction régionale de la SNCF, mais aussi celle des habitants de la région, alors que des centaines de personnes restent mobilisées pour remettre en état les voies de communication, moins d'une semaine après les inondations meurtrières et dévastatrices.

Une "totale incompréhension de la situation"

Le directeur régional de la SNCF, Philippe Bru, juge que cet appel à la grève aurait au moins dû être reporté. "Je suis choqué. Faire une grève à l'issue d'une semaine cauchemardesque, c'est à la limite du raisonnable", s'est-il insurgé au micro de France Bleu Azur. "C'est une certaine forme de totale incompréhension de la situation. La Côte d'Azur a été très lourdement touchée par les intempéries. Des centaines de cheminots se sont mobilisés pour permettre un retour à la normale du trafic pour le début de semaine prochaine", a-t-il ajouté.

Sur les ondes de France Bleu Azur aussi, les auditeurs ont exprimé leur colère. "Ils vont très loin. Ils pourraient reporter leur grève", a estimé une retraitée, ancienne employée SNCF en Lorraine, "où l'on ne se mettait pas sans cesse en grève comme dans les Alpes-Maritimes". De nombreux usagers ont également fait part de leur mécontentement sur les réseaux sociaux.

"Les intempéries n'exonèrent pas la direction"

L'appel à la grève a été lancé par la section des contrôleurs CGT de la région Paca. Leur préavis a été déposé samedi, avant les intempéries. Leur mouvement de protestation porte sur les effectifs de 2016 et les conditions de travail. Car les lignes TER de la Côte d'Azur sont parmi les plus empruntées de France, mais elles sont minées par des retards quotidiens liés en partie à la présence de seulement deux voies sur une grande partie du littoral. "On ne peut pas exonérer la direction du fait des intempéries", a rétorqué un représentant CGT des cheminots dans les Alpes-Maritimes, Michaël Albin.