Envoyé spécial, France 2

VIDEO. Pourquoi l'hôpital de Carcassonne, dans l'Aude, a-t-il été construit en zone inondable ?

Le 21 février 2019, "Envoyé spécial" revient sur les dramatiques inondations survenues dans l'Aude, en octobre 2018. Alors que ce type de catastrophe naturelle semble se multiplier, comment expliquer les constructions sur des terrains inondables ? A plus forte raison quand il s'agit d'un hôpital...

ENVOYÉ SPÉCIAL / FRANCE 2

Le 15 octobre 2018, des pluies très violentes se sont abattues sur le département de l'Aude. En quelques heures, les sous-sols du nouvel hôpital de Carcassonne étaient inondés. Quatre ans seulement après son inauguration, l'eau est montée jusqu'à 50 centimètres, et dans les moindres recoins. Avec de multiples conséquences : tous les ascenseurs en panne, le système informatique totalement hors d'usage, 350 opérations et consultations annulées ou reportées en catastrophe…

La ville célèbre pour sa cité médiévale avait inauguré avec fierté son nouveau centre hospitalier en 2014. Ultramoderne, l'établissement a coûté 150 millions d'euros. Mais le choix du terrain sur lequel il a été construit pose question. A distance du bâtiment, comme a pu le constater une équipe d'"Envoyé spécial" en compagnie de deux délégués syndicaux, anciens aides-soignants, "on voit que le centre hospitalier est dans une cuvette, comme l'explique Bruno Izard, qu'il est entouré de plusieurs monticules et que donc, quand l'eau se déverse dans la cuvette, elle ne peut pas s'échapper". "C'est une bassine. Cet hôpital a été posé dans une bassine", conclut son collègue Gilles Gadier.

Inondée elle aussi en 2018, l'unique route d'accès à l'hôpital 

Pourquoi l'hôpital a-t-il été construit sur une zone humide, où les eaux de pluie ont du mal à s'écouler ? Même par beau temps comme ce jour-là, l'eau affleure entre les joncs. Une végétation "à peu près du même type" que sur l'emplacement où a été construit l'hôpital, précise Gilles Gadier.  

Le 15 octobre 2018, l'unique route d'accès au centre hospitalier, inondée elle aussi, était impraticable. Seuls quelques camions de pompiers ont réussi à passer. "L'eau ne pouvait plus s'évacuer, raconte Bruno Izard. L'hôpital coupé du reste du monde et notamment de la population, ce n'est pas possible !" Ennuyeux, pour un hôpital sans équivalent dans la région à moins d'une heure de route…

Extrait de "Tous inondables ?", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 21 février 2019.