Automobilistes bloqués par la neige sur l'A9 : "On a fait un kilomètre en treize heures"

Olivier et Anthony sont partis avec leur famille de Marseille pour aller en direction de Toulouse et Montpellier. Comme des centaines d'automobilistes, ils sont coincés depuis des heures sur l'A9 à cause de la neige. Ils racontent leur mésaventure à franceinfo. 

L\'autoroute A9, à hauteur de Saint-Aunès (Hérault), près de Montpellier, le 28 février 2018.
L'autoroute A9, à hauteur de Saint-Aunès (Hérault), près de Montpellier, le 28 février 2018. (VINCENT PEREIRA / MAXPPP)

Le ventre creux et beaucoup de fatigue. Depuis des heures, Olivier est coincé avec sa femme et ses deux enfants de 6 et 9 ans sur l'autoroute A9, comme des centaines d'automobilistes. Ce journaliste de 39 ans terminait ses vacances à Marseille. Mercredi 28 février, il prend, à 10h30, la route avec sa famille, direction Toulouse. La température est plutôt clémente : il fait 5°C. "Mais en l'espace de dix kilomètres, on est tombé à -1°C", raconte-t-il à franceinfo. Surtout, la neige tombe en abondance.

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Même histoire du côté d'Anthony, qui partait en vacances de Marseille pour Montpellier avec ses deux enfants de 2 et 4 ans. "On est partis à 11 heures, et depuis 15h30, on est bloqués juste avant Montpellier en direction de Béziers. On a dû faire 300 mètres depuis", témoigne-t-il. 

"C'était le piège total"

Peu avant midi, la famille d'Olivier s'arrête sur une aire de repos au nord de Lunel (Hérault). "Mais à 13h30, on se retrouve avec au moins 20 cm de neige." Impossible de repartir. 

Vers 17h30, le gérant de la station-service leur conseille de prendre la sortie de Lunel située à deux kilomètres de là afin de passer la nuit au chaud dans un hôtel. Olivier et sa famille se remettent en route. Problème : la sortie est fermée. Ils n'ont pas d'autre choix que de continuer. Quelques kilomètres plus loin, ils se retrouvent devant l'embranchement A709-A9. "A la radio, sur 107.7, ils nous disaient que l'A9 roulait, mais en fait, c'était le piège total", explique Olivier. 

"On attend toujours les secours"

La famille se retrouve "très vite bloquée". "Il y avait des camions de partout. Pour vous dire, on a fait un kilomètre en treize heures et vingt minutes", dit-il.

Leur dernier repas remonte à la veille, 14 heures. Heureusement, ils ont de l'eau, mais, à part les gendarmes, ils n'ont vu aucun secours. "J'ai sollicité la cellule de crise de la préfecture. Après trois tentatives, j'ai pu les avoir, mais ils m'ont dit que c'était compliqué et que des secours devraient passer vers 21h30. On les attend toujours", assure Olivier. 

On se sent vraiment abandonnés, on est seuls au mondeOlivier, automobiliste coincé sur l'A9à franceinfo

"Les enfants ont dormi de minuit à 6 heures", glisse Olivier, avant de se faire reprendre par sa fille : "Ah non papa, on n'a pas dormi." "Bon, ils ont veillé. Ils sont plutôt sympas, je pense à ceux qui ont des nourrissons", reprend Olivier.

Une boîte de biscuits et un enfant malade

Justement, du côté d'Anthony, la situation est plus compliquée. "Ma fille est malade, elle a la diarrhée, est déshydratée. J'ai appelé les pompiers mais ils m'ont dit que ce n'était pas une urgence. En plus, je suis à court de couches..." s'inquiète-ilSa famille n'a croisé que la protection civile, qui lui a donné une boîte de biscuits et de l'eau. "Mes enfants sont déboussolés, ils se demandent ce qui se passe. Je suis désespéré et fou de rage, on n'a aucune info", s'énerve-t-il. 

C'est angoissant, ça tourne au cauchemarAnthony, automobiliste coincé sur l'A9à franceinfo

Olivier et Anthony ne sont pas très optimistes pour la suite. "Il est 7 heures, on est toujours bloqués. Dans trois heures, ça fera 24 heures qu'on a quitté Marseille", calcule Olivier. "La route est verglacée, j'aimerais avancer mais j'ai aussi peur que ce soit accidentogène quand on repartira", renchérit Anthony.