VIDEO. Dans l'Arctique, "on peut se retrouver dans une situation où il n’y aura plus du tout de banquise, même l’hiver", alerte un chercheur

La banquise arctique a atteint, cet été, sa deuxième superficie la plus basse jamais enregistrée, selon des relevés du Centre national américain de données sur la neige et la glace (NSIDC). Une situation dramatique pour Martin Vancoppenolle, chercheur CNRS au laboratoire d'océanographie et du climat, à Paris, qui s'inquiète pour l'avenir.

"Quelles que soient nos émissions de gaz à effet de serre dans les vingt prochaines années, on va perdre au moins une fois la banquise arctique d'ici à 2050." Le constat de Martin Vancoppenolle, chercheur CNRS au laboratoire d'océanographie et du climat à Paris, est sans appel.

En 2020, la banquise d'été en Arctique s'est réduite à la deuxième superficie la plus petite jamais enregistrée, après 2012, selon des observations satellites révélées lundi 21 septembre par le National Snow and Ice Data Center (article en anglais) aux Etats-Unis. Cette année, le minimum de la banquise estivale a été atteint le 15 septembre, avec 3,74 millions de kilomètres carrés, selon cette institution qui fait référence.

La faune de l'Arctique menacée

Cette taille réduite ne représente que les prémices de ce qui pourrait advenir dans les prochaines décennies, selon Martin Vancoppenolle, joint par franceinfo et auteur d'une étude sur la banquise arctique. "Si vraiment on dépasse tous les records de pollution et qu'on maintient nos émissions de gaz à effet de serre pendant de longues années à des niveaux élevés, là on peut se retrouver dans une situation où il n'y aura plus du tout de banquise, même l'hiver", ajoute le chercheur.

On aura réussi à la faire disparaître tout seuls...

Martin Vancoppenolle

à franceinfo

La faune de l'Arctique, comme les ours polaires ou les morses, pourrait être menacée "parce que le mode de vie [de ces animaux] dépend directement de la présence de la banquise"

Pour l'être humain, il n'y aura pas de conséquences évidentes et directes car "la banquise, comme elle est déjà dans l'eau, c'est de la glace formée par le gel de l'eau de mer, donc quand elle fond, elle ne fait pas monter le niveau de la mer", explique-t-il. En revanche, "le réchauffement à l'échelle globale, ce qu'on va faire de la végétation, les impacts sur les déplacements de population, cela fait totalement peur", conclut le chercheur.

Un ours polaire sur la banquise arctique, le 17 juillet 2020.
Un ours polaire sur la banquise arctique, le 17 juillet 2020. (STEVEN C. AMSTRUP / POLAR BEARS INTERNATIONAL / AFP)