Une ONG américaine accuse YouTube d'orienter ses usagers vers des vidéos climatosceptiques

La plateforme Youtube a affirmé qu'elle continuera à supprimer les contenus haineux, mais il n'est pas question qu'elle censure des contenus qui ne violent pas ses règles.

Une femme devant la forêt amazonienne brûlée, le 6 décembre 2019.
Une femme devant la forêt amazonienne brûlée, le 6 décembre 2019. (RICARDO MORAES / REUTERS)
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Des algorithmes orientés ? YouTube a orienté des millions d'usagers vers des vidéos niant la crise climatique, a accusé jeudi 16 janvier l'ONG américaine Avaaz, appelant à mettre fin à la "promotion gratuite de la désinformation" sur la plateforme. Au total, 16% des 100 vidéos les plus regardées en rapport avec le terme "réchauffement climatique" contenaient des informations erronées, les 10 vidéos les plus regardées ayant été visionnées en moyenne plus d'un million de fois chacune, a affirmé l'ONG, basé à New York, dans un rapport (en anglais).

En réponse, YouTube a assuré faire son maximum pour réduire le plus possible le contenu vidéo "problématique" et, à l'inverse, mettre en avant les sources faisant autorité. Youtube précise qu'elle continuera à supprimer les contenus haineux, tels que définis par sa politique, mais qu'elle ne censurera pas les contenus qui ne violent pas ses règles.

Interdire les publicités sur les vidéos climatosceptiques

"Nos systèmes de recommandations ne sont pas conçus pour filtrer ou rétrograder des vidéos ou des chaînes en fonction de points de vue spécifiques", a fait valoir YouTube. Avaaz a expliqué avoir dépouillé les résultats de recherches effectuées sur YouTube en utilisant les termes "réchauffement climatique", "changement climatique" et "manipulation du climat" pour voir quels contenus supplémentaires proposait la plateforme (bouton "Up Next" et barre de suggestions).

La proportion de vidéos potentiellement trompeuses a grimpé à 21% pour le terme "manipulation climatique" mais est tombée à 8% avec l'intitulé "changement climatique", a précisé l'ONG, qui agrège des pétitions sur sa plateforme et revendique de "permettre aux citoyens de peser sur les décisions politiques mondiales""Il ne s'agit pas de liberté d'expression mais de publicité gratuite", a déclaré Julie Deruy, directrice de la campagne d'Avaaz, dans un communiqué.

Avaaz a demandé à YouTube de retirer toute vidéo de désinformation sur le changement climatique de ses recommandations et de s'assurer que ces contenus ne gagnent pas d'argent avec les publicités. L'association souhaite également que YouTube collabore avec des fact-checkeurs et affiche des avis de correction sur les vidéos contenant de fausses informations sur le changement climatique.