Durban : les pays adoptent une feuille de route pour un accord global sur le climat en 2015

Les pays participants à la conférence sur le climat sont tombés d'accord sur un prolongement du protocole de Kyoto et ont élaboré une feuille de route vers un accord global rassemblant tous les pays pour 2015.

La ministre des Affaires étrangères sud-africaine et présidente de la conférence sur le climat de Durban (droite), reçoit une ovation à l\'issue du sommet le 11 décembre 2011.
La ministre des Affaires étrangères sud-africaine et présidente de la conférence sur le climat de Durban (droite), reçoit une ovation à l'issue du sommet le 11 décembre 2011. (RAJESH JANTILAL / AFP)
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L'heure est au soulagement à Durban. Les pays rassemblés à la conférence sur le climat de l'ONU sont tombés d'accord dimanche 11 décembre sur un prolongement du protocole de Kyoto. Ils ont aussi adopté une feuille de route vers un accord global rassemblant tous les pays pour 2015.

L'Union européenne, motrice dans le domaine, a du cependant céder sur certains points. Peu après l'annonce de l'accord, la ministre de l'Ecologie française Nathalie Kosciusko-Morizet estime dans Le Figaro que les accords n'ont "pas l'ambition souhaitée par l'Union européenne, mais ensemble, représentent une véritable avancée".

Point noir souligné par la ministre, l'objectif de réduction des émissions de gaz à effets de serre n'a pas été relevé pour permettre de limiter le réchauffement à 2°C, aujourd'hui jugé inéluctable par les scientifiques. "En terme de réduction de gaz à effet de serre, le compte n'y est pas. (...) Un groupe de travail va se pencher sur cette question", explique Nathalie Kosciusko-Morizet

Voici ce que prévoient les différents éléments de l'accord, conclu avec 36 heures sur la clôture officielle initialement prévue pour le sommet.

• La prolongation du protocole de Kyoto 

Le protocole de Kyoto, adopté en 1997 et en vigueur depuis 2005, est à ce jour le seul traité international sur le climat. Il fixe des objectifs de réduction de gaz à effet de serre (GES) à une quarantaine de pays industrialisés, mais il ne s'applique ni aux Etats-Unis, qui ne l'ont pas ratifié, ni aux grands pays émergents comme la Chine, l'Inde ou le Brésil.

Sa période d'engagement arrivant à échéance en 2012, les pays en développement exigeaient de nouveaux engagements de la part des pays industrialisés au nom de leur responsabilité "historique" dans le réchauffement de la planète.

La décision de Durban prévoit une deuxième période dont la durée (5 ou 8 ans) doit encore être débattue, qui porte sur 15 % des émissions mondiales. Le Canada, la Russie et le Japon ont refusé ce nouvel engagement. 

• Un accord global pour 2015

En échange d'une seconde période d'engagements sur Kyoto, l'Union européenne demandait que soit tracée à Durban une "feuille de route" vers un nouveau cadre juridique contraignant qui impliquerait tous les pays. C'est chose faite : cet accord serait signé en 2015 pour une entrée en vigueur à partir de 2020.

Ce cadre a été défini comme "un protocole, un autre instrument légal ou une solution concertée ayant une force légale", formulation suffisamment large pour avoir permis un consensus à Durban mais qui devra être précisée d'ici 2015.

• Un fonds vert pour aider les pays en développement

La décision rend également opérationnel le Fonds vert, mécanisme financier acté à Cancun en 2010, pour aider les pays en développement à faire face au changement climatique. Une formulation a été trouvée pour contourner les réserves émises lors de la première semaine de la conférence par les Etats-Unis, sur la "personnalité juridique" de ce mécanisme.

L'engagement pris à Copenhague, il y a deux ans, est d'aboutir à 100 milliards de dollars par an à compter de 2020. Mais la question centrale du financement de ce fonds reste largement sans réponse.

• Une plus grande transparence sur les actions menées par les pays

L'un des enjeux de Durban était aussi de mettre en oeuvre certaines des décisions de Cancun, notamment sur le sujet de la transparence et de la vérification possible des actions de réduction des différents pays.

Pour les pays développés, le texte adopté offre des pistes pour mieux suivre les actions au fur et à mesure et pas seulement à la fin en vérifiant après coup si l'objectif fixé a été atteint.

L'accord prévoit par ailleurs la mise en place d'un travail préparatoire pour éventuellement faire entrer l'agriculture, à l'origine de 15 % des émissions de GES, dans le périmètre de la convention-climat de l'ONU.