Climat : seule une minorité d'Etats a déposé de nouveaux engagements comme le prévoyait l'accord de Paris

Les signataires s'étaient engagés à soumettre de nouvelles propositions pays par pays pour lutter contre le changement climatique d'ici la fin de l'année 2020. Cinq ans après, le compte n'y est pas.

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Une protection de fortune contre la montée des eaux dans un village côtier de Papouasie-Nouvelle-Guinée, en octobre 2009. (ERIC LAFFORGUE / HANS LUCAS / AFP)

Le bilan est mitigé, pour ne pas dire plus. Environ 70 Etats sur près de 200 ont soumis de nouvelles mesures climatiques avant la date limite du 31 décembre, comme le prévoyait l'accord de Paris de 2015. A l'époque, chaque signataire s'était engagé à déposer avant fin 2020 une nouvelle mouture de ses engagements en matière de lutte contre les déréglements climatiques – que l'on nomme "contributions déterminées au niveau national" (NDC). Force est de constater que la majorité des pays n'ont pas respecté leur promesse, comme en attestent les documents publiés sur le site de l'ONU dédié.

Les Etats qui ont honoré ce point de l'accord de Paris, par ailleurs, ne sont pas forcément les plus émetteurs de gaz à effet de serre. Ainsi, selon la dernière évaluation du groupe Climate Action Tracker, les 49 Etats – dont les 27 de l'Union européenne – qui avaient déjà déposé leur nouvelle contribution mi-décembre ne représentaient que 23,7% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Une vingtaine d'Etats supplémentaires ont déposé leurs documents depuis : la plupart représente une infime part des émissions mondiales comme Monaco, les Maldives ou les îles Marshall, mais également quelques économies plus importantes comme la Corée du Sud et l'Argentine.

Prochaine échéance à l'automne prochain

En raison de la pandémie de Covid-19, de nombreux gouvernements avaient fait savoir qu'ils ne tiendraient pas les délais et tous les yeux sont désormais tournés vers la réunion climat de l'ONU (COP26) de Glasgow reportée à l'automne prochain. Mais le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a encore plaidé dans son message du Nouvel An pour plus d'ambition climatique.

Construire une coalition pour la neutralité carbone d'ici 2050 sera au cœur de l'ambition des Nations unies en 2021.

Antonio Guterres

Les défenseurs du climat espèrent en particulier que la Chine, premier émetteur mondial, confirmera la récente promesse du président Xi Xinping de rehausser les ambitions chinoises pour 2030 afin d'atteindre la neutralité carbone en 2060. Les Etats-Unis, sortis de l'accord de Paris par Donald Trump, n'ont évidemment pas non plus déposé de nouvelle contribution mais le président élu Joe Biden, engagé pour la neutralité carbone en 2050, a promis d'y revenir.

Enfin, un engagement révisé n'est pas nécessairement synonyme d'engagement revu à la hausse. Les experts du Climate Action Tracker (CAT), par exemple, pointent du doigt un manque d'ambition dans les nouvelles contributions du Brésil, du Japon, de la Russie, de la Nouvelle-Zélande, de la Suisse ou du Vietnam. Même les engagements améliorés ne sont pas forcément à la hauteur. L'UE a certes relevé son objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 de 40% à "au moins 55%", mais "ce n'est toujours pas assez pour que l'UE soit compatible avec l'accord de Paris", estiment-ils.

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