Septembre 2020, mois le plus chaud jamais enregistré : un climatologue s'attend à "une succession de records de ce type"

"Le réchauffement climatique est vraiment en cours", selon Olivier Boucher. Le climatologue déplore des décisions pas assez rapides.

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Radio France
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Photo d'illustration. (CLAIRE LEYS / FRANCE-BLEU DRÔME-ARDÈCHE)

"Je suis désolé, mais pas surpris", a déclaré mercredi 7 octobre sur franceinfo Olivier Boucher, climatologue à l’Institut Pierre-Simon Laplace et directeur de recherche au CNRS, après l'annonce par le service Copernicus de l'Union Européenne que le mois de septembre 2020 a été le plus chaud jamais enregistré dans le monde. Le climatologue explique que "le réchauffement climatique est vraiment en cours et [qu'] il faut s'attendre à une succession régulière de records de ce type, que ce soit à l'échelle mondiale ou de régions et de pays".

Pour autant, le spécialiste ne "pense pas que ce ne soit irréversible". "Le climat va continuer de se réchauffer, mais il peut trouver un nouvel équilibre un petit peu plus chaud", précise-t-il. Olivier Boucher assure que le réchauffement climatique va se poursuivre pendant "au moins deux décennies" et prévient : "ce qui va arriver au-delà de 2040 dépend vraiment de l'action qu'on peut prendre maintenant". Il faut donc, selon le spécialiste, "mettre en oeuvre l'accord de Paris le plus rapidement possible à l'échelle mondiale avec toutes les bonnes volontés pour diminuer ces émissions de gaz à effet de serre".

Jusqu'à +6°C à la fin du siècle

Olivier Boucher se montre malgré tout optimiste dans ses projections et indique qu'"on peut encore rester sous la barre des 2°C [d'augmentation] par rapport à la période pré-industrielle, alors que là on est à environ 1,2°C. Ce qui manque, regrette le spécialiste, c'est la rapidité : ça ne va pas assez vite par rapport à l'urgence et à l'inertie qu'il peut y avoir dans le système climatique".

En revanche, dans l'éventualité d'un "scénario noir", "où les climato-sceptiques l'emportent, où on continue d'aller exploiter des combustibles fossiles pendant plusieurs décennies, on peut arriver à des scénarios de réchauffement de 4, 5, 6°C à la fin du siècle", alerte Olivier Boucher. En France, on aurait "un climat très différent, beaucoup plus chaud, beaucoup plus sec, en particulier en été, selon le spécialiste, donc des écosystèmes qui n'ont pas forcément le temps de migrer, de s'adapter, avec un impact sur l'agriculture et tous les secteurs économiques".

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