Réchauffement climatique : l'Union européenne plaide pour laisser le gaz, le pétrole et le charbon sous terre dans l'Arctique

La diplomatie européenne réclame un moratoire sur les ressources en énergies fossiles de l'Arctique, une zone convoitée par de nombreux pays comme la Russie, le Canada ou la Norvège.

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Un navire au large de l'archipel des Svalbard (Norvège), le 23 septembre 2021. (OLIVIER MORIN / AFP)

Pas touche à l'Arctique. L'Union européenne veut négocier un moratoire international pour interdire l'exploitation des gisements de gaz, de pétrole et de charbon, des énergies à l'origine du réchauffement climatique, dans l'Arctique, et pourrait interdire l'achat des hydrocarbures extraits de cette région, a annoncé mercredi 13 octobre la Commission européenne. "Le charbon, le gaz et le pétrole doivent rester sous terre dans cette région", a plaidé le commissaire à l'Environnement Virginijus Sinkevicius lors d'une conférence de presse.

La Commission, a-t-il dit, veut étudier avec ses partenaires "une obligation juridique multilatérale de ne plus autoriser l'exploitation de réserves d'hydrocarbures dans l'Arctique ou les régions contiguës, ni d'acheter ces hydrocarbures s'ils étaient produits". L'UE peut s'appuyer sur les moratoires partiels sur l'exploration des hydrocarbures dans l'Arctique mis en place avec les Etats-Unis, le Canada ou le Groenland, a précisé le commissaire lituanien. "Nous ne sommes pas naïfs", a-t-il reconnu, "il faudra des efforts diplomatiques intenses, mais l'UE doit donner l'exemple".

Des ressources convoitées notamment par la Russie

De son côté, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a fait remarquer que "l'Arctique évolue rapidement, en raison de l'impact du réchauffement climatique, de la concurrence accrue pour les ressources naturelles et des rivalités géopolitiques". "Ces évolutions montrent que l'Europe doit définir ses intérêts géopolitiques de manière large afin de promouvoir la stabilité, la sécurité et la coopération pacifique dans l'Arctique", a-t-il estimé dans un communiqué. La diplomatie de l'UE est associée à la préparation de cette stratégie en Arctique par le commissaire Sinkevicius.

Cette région, a encore fait valoir Sinkevicius, "se réchauffe trois fois plus vite que le reste de la planète. La fonte des glaces et le dégel du permafrost dans l'Arctique accélèrent encore le changement climatique et ont d'énormes effets d'entraînement". La demande croissante en combustibles pour relancer les économies mises à mal dans le monde entier par la pandémie de Covid-19 attise les convoitises pour les réserves de la région. L'UE va devoir convaincre les Etats-Unis, le Canada, la Russie, la Norvège, l'Islande d'accepter un tel moratoire. Or la Russie a fait de l'exploitation des richesses arctiques – pétrole, gaz et minerais – une priorité stratégique.

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