Réchauffement climatique : il faut planter un arbre par an et par habitant pendant trois décennies pour protéger les forêts françaises, selon un rapport

Le rapport, remis au ministre de l'Agriculture jeudi, préconise notamment la création d'un "fonds pour l'avenir de la forêt, abondé par le public et le privé" et "doté de 300 millions d'euros par an sur trente ans". 

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Un forêt à Saint-Léger-sous-Beuvray (Saône-et-Loire), le 9 juin 2020.  (MANUEL COHEN / AFP)

L'équivalent d'un arbre par habitant planté chaque année. "Au-delà des régénérations naturelles, il nous faudra planter 70 millions d'arbres par an pendant trente ans", prévient, jeudi 17 septembre, un rapport proposant des solutions au gouvernement pour protéger la forêt française du réchauffement climatique.

Le document a été remis jeudi matin par la députée du Nord Anne-Laure Cattelot (LREM) au ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie. Parmi ses préconisations phares, la création d'un "fonds pour l'avenir de la forêt, abondé par le public et le privé" et "doté de 300 millions d'euros par an sur trente ans". 

Ce fonds aurait pour mission de "reconstituer massivement les forêts sinistrées, anticiper, enrichir et adapter à l'aune de nos connaissances les peuplements vulnérables au changement climatique et créer de nouvelles forêts", indique ce rapport. La reconstitution de peuplements sinistrés par la sécheresse – et les maladies provoquées par cette dernière représente à elle seule 360 000 hectares. 

Un investissement total de 8,8 milliards d'euros

Il faudrait compter par ailleurs 650 000 hectares de plantations "dans les peuplements les plus vulnérables" mais pas encore condamnés, selon ce rapport. Enfin, pour boiser les friches ou les terres concernées par la déprise agricole, le rapport préconise de planter 750 000 hectares sur trente ans.

Au total, le besoin global est de "8,8 milliards d'euros sur 30 ans, soit en moyenne 300 millions d'euros par an", conclut le document. 

"Il s'agit d'hypothèses conservatrices", a souligné dans un entretien à l'AFP Anne-Laure Cattelot, qui a rédigé ce rapport avec un expert du ministère de l'Agriculture et un expert du ministère de la Transition écologique.

Si on se retrouve avec un accroissement des besoins de ressources en bois dans la construction et d'un autre côté un dépérissement qui accélère la perte de la ressource bois et de ce super puits de carbone, on se retrouve le bec dans l'eau, c'est pour ça qu'il faut investir dans la forêt.

Anne-Laure Cattelot, députée LREM

à l'AFP

La députée a toutefois salué l'enveloppe de 150 millions d'euros pour le reboisement, annoncée récemment par le ministre de l'Agriculture dans le cadre du plan de relance de l'économie française. "C'est déjà un très beau montant, il va falloir lancer un dispositif et que les forestiers s'en emparent", a-t-elle appuyé. 

La France compte près de 17 millions d'hectares de forêts, soit environ un tiers de la métropole.

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