Pour lutter contre la fonte des glaces en Antarctique, une étude propose d'utiliser des canons à neige

Les auteurs insistent sur le fait que cette solution très couteuse en énergie devrait s'accompagner d'une réduction radicale des émissions de gaz à effet de serre.

Le glacier Collins, en Antarctique ouest, le 2 février 2018.
Le glacier Collins, en Antarctique ouest, le 2 février 2018. (MATHILDE BELLENGER / AFP)
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Et si les canons à neige, dont l'utilisation dans les stations de ski est très décriée, permettaient de lutter contre la fonte des glaces en Antarctique ? C'est la solution étonnante avancée par des chercheurs du Potsdam Institute for Climate Impact Research, en Allemagne, dans une étude publiée mercredi 17 juillet dans la revue Science Advances.

Leur idée serait de pomper de l'eau issue de la fonte des glaces pour la rejeter sur la calotte glaciaire, par l'intermédiaire de canons à neige. Pour stabiliser les glaciers, il faudrait au moins 7 400 milliards de tonnes de neige, pulvérisée par des centaines de canons, sur une zone de la taille du Costa Rica.

"Nous ferions de l'Antarctique ouest une zone industrialisée"

Anders Levermann, le principal auteur de l'étude, reconnaît les nombreuses limites de cette option. Elle serait très gourmande en énergie, et devrait s'accompagner d'une réduction radicale des émissions de gaz à effet de serre pour avoir une chance de réussir. Les canons à neige pourraient être alimentés par 12 000 éoliennes.

Par ailleurs, elle changerait radicalement le visage de l'Antarctique, car il faudrait installer "quelque chose ressemblant à une station lunaire en Antarctique", explique le cercheur. "Nous ferions de l'Antarctique ouest une zone industrialisée".

Hausse de plusieurs mètres du niveau des océans

"Mais si nous déstabilisons [la calotte glaciaire], tout changera de manière dramatique de toute façon", explique Anders Levermann, pour qui une hypothèse aussi radicale se justifie par le risque que fait peser la fonte des glaces.

L'Antarctique ouest contient assez d'eau pour faire monter de six mètres le niveau des océans, et "tous les modèles montrent que si nous nous en tenons au réchauffement de 2°C de l'Accord de Paris, nous aurons finalement une hausse de cinq mètres du niveau de la mer, voire plus", alerte le scientifique. Une simple hausse de trois mètres menacerait des villes comme New York, Shanghai ou Tokyo.

"C'est une chose terrible à faire, il n'y a pas de doute à ce sujet, et nous ne suggérons pas de le faire à tout prix", conclut le scientifique.