Météo : comment expliquer la canicule attendue la semaine prochaine ?

La France va connaître la semaine prochaine une vague de chaleur, avec des températures jusqu'à 40 °C en journée et 25 °C la nuit.

Un homme se rafraichit, le 25 août 2016 à Paris.
Un homme se rafraichit, le 25 août 2016 à Paris. (JULIEN MATTIA / NURPHOTO / AFP)

Alerte canicule. Une vague de chaleur, exceptionnelle par sa précocité et son intensité, va frapper la France métropolitaine à partir du lundi 24 juin, pour une durée "a minima de six jours", prévient Météo France. Le mercure va grimper jusqu'à 40 °C la journée et ne redescendra pas sous la barre des 25 °C la nuit. Un épisode "sans précédent au mois de juin". Les prévisionnistes s'attendent à un jour le plus chaud "comparable" à la canicule de 2003. On vous explique pourquoi le thermomètre va s'affoler dans les prochains jours.

De l'air chaud du Sahara...

Cet épisode de chaleur nous vient en fait du Sahara. "Nous avons une zone dépressionnaire située sur l'Atlantique et qui va aspirer l'air chaud qui stationne sur l'Afrique du Nord. Les températures vont monter crescendo par le sud", explique Sébastien Léas, prévisionniste à Météo France, contacté par franceinfo. Ce flux d'air chaud va remonter la Méditerranée et l'Espagne jusqu'à la Belgique, où il sera bloqué par "une sorte de mur anticyclonique".

Le salut viendra par l'ouest à partir du samedi 29 juin. "De l'air plus frais va arriver par l'ouest et va chasser progressivement l'air chaud vers l'Europe centrale", poursuit Sébastien Léas. Des incertitudes demeurent sur la manière dont cette transition va s'effectuer, avec de possibles orages.

... dans un contexte de réchauffement climatique

Cette canicule s'inscrit aussi dans un contexte de réchauffement climatique global. "Sur chaque événement ponctuel, surtout lorsque l'on prend un prisme français, il est délicat de mettre tout de suite la responsabilité sur le réchauffement climatique, expose Sébastien Léas. En revanche, c'est un signal fort de ce que l'on attend dans le futur."

Le météorologue relève que les trois derniers étés correspondent aux projections du groupe d'expert sur le climat (Giec) : canicule tardive en 2016, précoce en 2017, été le plus chaud en 2018... "Nous allons avoir des saisons estivales qui commencent plus tôt, se terminent plus tard et sont plus intenses, résume Sébastien Léas. Nous sommes clairement dans ce qu'annonce le Giec, avec un nombre de jours de chaleur de plus en plus important."

Sur franceinfo, l'ancien vice-président du Giec, le climatologue Jean Jouzel, est encore plus affirmatif : "Oui, ces périodes caniculaires sont vraiment liées au réchauffement climatique, dit-il. Ces vagues de chaleur et ces étés chauds, mais aussi les périodes de sécheresse ou les risques de feux de forêt, il va falloir nous y préparer, d'autant que le réchauffement sera important."