Les canicules marines ont bondi de 50% depuis le milieu du XXe siècle (et le pire serait à venir)

Dans une étude publiée dans "Nature Climate Change", des scientifiques de diverses nationalités s'intéressent à ces phénomènes encore peu connus.

Un plongeur inspecte des coraux dans le cadre d\'une opération de préservation des récifs, le 18 novembre 2018, en Chine.
Un plongeur inspecte des coraux dans le cadre d'une opération de préservation des récifs, le 18 novembre 2018, en Chine. (YANG GUANYU / XINHUA / AFP)

Elles sont imperceptibles pour l'homme mais mortelles pour la vie océanique. Les canicules marines ont déjà endommagé les écosystèmes du monde entier et devraient à l'avenir s'avérer encore plus destructrices, selon une étude publiée, lundi 4 mars, dans la revue Nature Climate Change (en anglais).

Depuis le milieu du XXe siècle, le nombre de jours de canicule marine a augmenté de plus de 50%, constatent les auteurs de l'étude. Une canicule marine est définie par des températures qui restent proches pendant cinq jours des records enregistrés dans une zone donnée.

"À l'échelle mondiale, les vagues de chaleur marine deviennent de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues, note l'un des auteurs, Dan Smale, chercheurs à la Marine Biological Association du Royaume-Uni. Au cours de la dernière décennie, des événements records ont été observés dans la plupart des bassins océaniques."

Les coraux ne sont pas les seules victimes

"Tout comme les vagues de chaleur atmosphériques peuvent être fatales aux cultures, aux forêts et aux animaux, les canicules marines peuvent être dévastatrices pour les écosystèmes océaniques", explique-t-il. Mais par rapport aux canicules atmosphériques, les marines ont fait l'objet d'assez peu d'études scientifiques.

Les coraux sont les victimes par excellence de ces canicules en eau peu profonde et font face à un sombre avenir : même si l'humanité parvient à limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré Celsius, entre 70% et 90 % des coraux sont voués à la disparition, selon un rapport du GIEC publiée en octobre. Mais ils ne sont pas les seuls.

"Les espèces de poissons et de crustacés destinées à la consommation risquent d'être anéanties localement", s'alarme Dan Smale. De plus, "si les herbes marines et les mangroves sont touchées par des températures extrêmes, elles peuvent libérer le carbone qu'elles stockent" et augmenter le réchauffement climatique.