Le lancement d'un ballon scientifique censé refroidir la planète annulé face à la controverse

Le projet - comme la géoingénierie en général - a suscité d'importantes inquiétudes, y compris chez des scientifiques mais aussi chez des organisations environnementales, qui jugent la technologie dangereuse et très risquée à maîtriser.

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La centrale à charbon de Mehrum, dans le district de Peine, en Allemagne, le 19 août 2018. (JULIAN STRATENSCHULTE / DPA / AFP)

Ils ont renoncé. Confrontés à de nombreuses critiques, des scientifiques américains et un centre spatial en Laponie suédoise ont annoncé, mercredi 31 mars, l'annulation du lancement d'un ballon dans le cadre d'un projet controversé de recherche sur la "géoingénierie" solaire visant à refroidir artificiellement le climat.

Selon les plans d'une équipe de l'université de Harvard, ce ballon à haute altitude devait être lancé en juin depuis le petit centre spatial Esrange près de Kiruna, au nord du cercle Arctique en Suède, dans le cadre du projet baptisé "SCoPEx" ("Stratospheric Controlled Perturbation Experiment"). 

Objectif : mener des essais dans la stratosphère - sans relâcher dans un premier temps de matière - en vue d'autres lancements visant, eux, à tester à très petite échelle une technique de refroidissement artificiel de l'atmosphère, en diffusant une quantité expérimentale (moins de 2 kilos) de particules de matière pour atténuer l'effet des rayons du soleil.

"Il n'y a pas de consensus international clair"

S'inspirant des effets climatiques des éruptions volcaniques, la technologie mérite d'être étudiée pour combattre un réchauffement climatique devenant incontrôlable, selon ses défenseurs.

Mais le projet - comme la géoingénierie en général - a suscité d'importantes inquiétudes, y compris chez des scientifiques mais aussi chez des organisations environnementales, qui jugent la technologie dangereuse et très risquée à maîtriser.

"Il n'y a pas de consensus international clair sur l'opportunité de ce type de recherche", a constaté mercredi la Swedish Space Corporation (SSC), l'entreprise publique qui opère le site d'Esrange. "Après des échanges avec des experts et des parties prenantes suédoises, et en accord avec Harvard, SSC a décidé de ne pas effectuer le vol d'essai prévu avec un ballon cet été", annonce-t-elle dans un communiqué.

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