Inondations en Charente-Maritime : "On a un tracteur avec une remorque" pour emmener les habitants au travail, raconte le maire de Courcoury

Dans de nombreuses communes de Charente-Maritime, les habitants attendent la décrue pour pouvoir à nouveau se déplacer et entreprendre le nettoyage des habitations inondées.

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Radio France
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Des maisons inondées à Saintes (Charente-Maritime), le 6 février 2021. (MEHDI FEDOUACH / AFP)

"Nous avons mis en place un service avec les moyens du bord, on a un tracteur avec une remorque et on se charge de sortir la population pour aller au travail", a raconté sur franceinfo, Eric Bigot, le maire de Courcoury, au nord de Saintes, touché par les inondations en Charente-Maritime. "Courcoury est une commune de 700 habitants bordée par La Seugne d'un côté, et la rivière Charente de l'autre" et avec "la crue que nous avons, les deux accès" à "notre commune sont actuellement inondés" et "sans tracteur on serait totalement isolés".

franceinfo : Comment ça se passe à Courcoury avec ces inondations qui ont transformé votre commune en île ?

Courcoury est une commune rurale de 700 habitants qui est bordée par La Seugne d'un côté, et la rivière Charente de l'autre. Et là, vu la crue, les deux accès que nous avons sur notre commune sont actuellement inondés. Nous avons mis en place un service avec les moyens du bord. On a un tracteur avec une remorque et on se charge de sortir la population pour aller au travail. Et ce soir, nous avons des navettes également toutes les heures pour récupérer nos habitants et qu'ils puissent rentrer chez eux sur la commune. Sans tracteur on serait totalement isolés.

C'est la première fois que Courcoury se retrouve dans cette situation. Vous êtes un peu pris au piège entre La Charente et La Seugne ?

Pris au piège oui, par l'eau. Ce n'est pas la première fois puisqu'on a eu la crue centennale en 1982, également en 1994. Donc, ça veut dire que notre commune est habituée à ces fléaux d'inondation. C'est le cas puisque nous avons un plan de sauvegarde communal qui doit préparer cette éventualité, donc, pour nous, ce n'est pas une surprise. Aujourd'hui, c'est de la pratique. L'aléa est là. On a évacué 17 foyers qui sont relogés sur la commune, dans leurs familles ou bien dans des gîtes. Ces personnes-là ont été relogées depuis maintenant quatre/cinq jours, elles sont à l'abri. C'est une commune très solidaire. Il y a une équipe de bénévoles qui se manifeste en temps de crise pour nous aider pendant et en amont et même après. Car après, on va avoir beaucoup de nettoyage à faire.

Qu'est-ce qui va se passer dans les prochaines heures et dans les prochains jours ?

Dans un premier temps, on attend la décrue. On espère que ça va baisser. Les prévisions nous disent que oui. Donc, premièrement, la première priorité c'est l'accès. Si ça diminue, forcément, on pourra sortir avec nos véhicules et ensuite, il faudra accompagner tous les foyers dans la remise en état, le nettoyage et remettre les meubles tels qu'ils étaient auparavant. Pour être approvisionné en nourriture en amont, nous avions quand même sensibilisé la population. Beaucoup ont fait leurs achats. Là, on a un partenariat avec l'épicerie qui prépare les commandes, on va les chercher et on les porte directement à nos habitants.

Est-ce que vous avez une idée du temps que ça peut prendre cette décrue ?

Le temps que ça va prendre, ça sera le temps qu'il faut attendre, on ne précipite pas les choses. Il faut laisser faire la nature, en ce qui concerne les crues. Nous, on attend que ça diminue. Après, on va voir en fonction. L'équipe municipale, les employés, les bénévoles, on est tous sur le pont et on est prêts à l'action si ça diminue. Si on peut accéder à quelques habitations en premier, bien sûr qu'on va commencer par nettoyer, aider la population dans ce domaine. Ce matin, nous avons officiellement donné à la secrétaire d'Etat, qui était présente, le formulaire de demande de reconnaissance de catastrophe naturelle, pour faciliter les indemnisations.

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