Des sportifs de haut niveau mettent leur image au service de la protection de l'environnement

Publié
Durée de la vidéo : 4 min.
Pour la planète : Une bouteille à la mer
Article rédigé par
Marie Herenstein - franceinfo
France Télévisions

L'association "Une bouteille à la mer" est née à l'initiative du skieur Mathieu Navillod et du photographe Dom Daher. Elle réunit des sportifs de haut niveau sensibles à la cause environnementale, comme l'alpiniste Liv Sansoz et l'apnéiste Stéphane Tourreau.

"Des mains pour demain" : c’est le slogan de la prochaine campagne de communication de l’association "Une bouteille à la mer". Quelques mots simples à retenir pour signifier qu’"on a tous des mains et on peut s’en servir pour que ce soit positif pour l’environnement : ramasser un déchet et le mettre à la poubelle par exemple", explique Mathieu Navillod.

Le skieur professionnel, ancien membre de l’équipe de France de ski freestyle, est président de la toute jeune association qu’il a créée avec le photographe Dom Daher, un autre spécialiste des sports outdoor, côté images. La double championne du monde d’escalade Liv Sansoz, déjà très impliquée dans la cause environnementale par ailleurs, en est la trésorière. D’autres athlètes ont rejoint le groupe de copains, comme le vice-champion du monde d’apnée Stéphane Tourreau ou le trailer Kilian Jornet.

Dom Daher et Mathieu Navillod préparent la nouvelle série de photos d'Une bouteille à la mer (Franceinfo / M. Herenstein)

Stéphane Tourreau, vice-champion du monde d'apnée, lors de la séance de shooting pour la prochaine campagne d'Une bouteille à la mer (Franceinfo / M.Herenstein)

Le concept : utiliser l’image d’athlètes de haut niveau sensibles à la protection de l’environnement avec l’idée que leur démarche donnera envie à leur public de les suivre. "L’image est une clé pour ramener vers un message plus important, assure Mathieu Navillod. C’est un bon aimant pour toucher les gens et les emmener à discuter environnement."

"J’ai grandi en Haute Tarentaise, dans un cadre magnifique et je vois ce cadre se dégrader. Je participe à la dégradation donc c’est un peu embêtant. J’ai eu envie d’essayer de changer les choses et compenser mon activité, être sur les skis et profiter de la nature en rendant quelque chose à cette nature", ajoute-t-il.

Je me suis dit qu’avec tous les copains du sport, on avait le temps, l’énergie et la volonté de changer les choses et c’est pour ça qu’on a créé Une bouteille à la mer.

Mathieu Navillod

"Avec l’idée de lancer une alerte et de voir si après le premier projet, quelqu’un allait ramasser cette bouteille, lire le message et s’y intéresser", conclut-il.

Des sportifs sur des montagnes de déchets

Ce premier projet est né il y a près d’un an, avec une campagne qui a marqué les esprits. Dom Daher a mis en scène dix de ces sportifs, chacun en train de pratiquer sa discipline sur les montagnes de déchets d’un centre de tri de Fréjus. Des images choc pour dénoncer la pollution mais à chaque fois également un autre cliché pour rappeler qu’il y a des moyens d’agir. A chaque problème une solution : "On voulait que ça interpelle, raconte le photographe. Notre plus-value, c’est à travers l’image. Elle nous permet de parler au grand public, par le biais des réseaux sociaux, par le biais de nos contacts."

Une bouteille à la mer

Et comme la mobilisation autour de l’environnement est un combat permanent, la joyeuse équipe n’a pas attendu longtemps pour se mobiliser à nouveau avec cette seconde série "Des mains pour demain". Une centaine d’athlètes devaient passer devant l’objectif de Dom Daher dans son studio installé à deux pas du lac Léman. La nouvelle campagne aurait du débuter en cette fin d’année, la crise sanitaire en a décidé autrement puisque, confinement oblige, tous n’ont pas pu se rendre en Suisse. "Notre idée, c’est qu’une fois qu’on aura un maximum d’athlètes, chacun fasse la promotion sur les réseaux sociaux avec cette phrase forte", précise Dom Daher.

Séance photo dans le studio de Dom Daher pour la prochaine campagne d'Une bouteille à la mer (Franceinfo / M.Herenstein)

Ne pas apparaître en donneur de leçon

Pas question pour autant de se placer en donneurs de leçon. Tous sont conscients de leur propre impact mais chacun fait de son mieux pour le limiter. Que ce soit dans son quotidien, en consommant différemment, en se déplaçant autrement ou dans sa pratique sportive, en refusant les séjours à l’étranger trop courts, en limitant les compétitions lointaines, en choisissant des sponsors engagés ou en limitant les dotations en matériel.

Ma première démarche, c’est de me dire : 'qu’est ce que toi tu peux faire dans ton environnement direct ?' 

Stéphane Tourreau

Stéphane Tourreau a ainsi pris la décision de ne pas participer à plus de deux ou trois compétitions à l’étranger par an et ne prend plus l’avion pour des trajets intérieurs.  "On ne peut pas tout changer du jour au lendemain chez soi mais j’ai évolué sur ma consommation de manière globale, je participe au ramassage des déchets que je vois au bord du lac d’Annecy [où il vit] ou quand je vais m’entrainer dans l’eau. Ce n’est pas en l’imposant aux autres qu’on va réussir à faire avancer les choses mais en éveillant les consciences."  

Un rôle à jouer

"On a un rôle d’exemplarité, de meneur, ajoute Liv Sansoz. Si nous on montre qu’on a pris conscience de ces bouleversements climatiques, de cette pollution qu’on engendre, et qu’on amène d’autres personnes à en prendre conscience aussi, notre communauté va nous suivre. Il faut parfois être un peu radical pour ces prises de position : quand on est en montagne, on est dans un milieu où il y a des dangers objectifs et on prend des décisions tranchées. On a aussi besoin de ça pour montrer un peu l’exemple et tenir notre ligne de conduite par rapport à tous ces problèmes environnementaux." 

Liv Sansoz, double championne du monde d'escalade et trésorière d'Une bouteille à la mer. (photo Nico Mathieu)

Grimpeuse, alpiniste, skieuse, parapentiste… la jeune-femme qui vit à Chamonix sait de quoi elle parle. "Depuis une dizaine d’années, je vois les montagnes évoluer, les glaciers diminuer et surtout des pans entiers de rochers s’écrouler, des voix historiques disparaître et je me suis beaucoup interrogée sur notre impact en tant qu’humain. Assez vite, je me suis dit qu’il fallait agir. On est les premiers à profiter de cet environnement magique qui est en train d’être dégradé à une vitesse assez dramatique." 

Faire mieux tous ensemble

"Je ne peux pas dire aux autres "faites comme moi" parce que je ne suis pas parfait, mais je peux inciter les gens à se renseigner et à faire mieux pour être moins impactants, poursuit Mathieu Navillod. Ramasser les déchets quand on va balader son chien, courir ou marcher c'est facile. Il n’y a que des solutions". Et pour y arriver, Liv Sansoz propose par exemple de se fixer des mini-challenges quotidiens : prendre sa douche en "5 minutes ou lieu de 20 par exemple".

Alors que l'association démarre tout juste, les amis sont confiants pour l'avenir, même s'ils reconnaissent la persistance de résistances. "Je suis plutôt optimiste, je me dis que chacun peut faire sa part du colibri, conclut Mathieu Navillod. On peut aussi prendre les personnes qui n’ont pas la chance d’avoir l’information par la main et leur dire voilà ce qu’il est possible de faire, utiliser notre renommée pour attirer les communautés dans le même sens. A travers l’association, on essaye de rester positif et d’aller de l’avant pour faire mieux tous ensemble. Si on est bon on peut le faire !"

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.