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L'accord de Paris sur le climat entre en vigueur... et maintenant ?

L'accord de Paris sur le climat, approuvé lors de la COP21 en décembre 2015, entre en vigueur vendredi 4 novembre.

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Radio France
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Ségolène Royal lors d'une conférence de presse sur l'entrée en vigueur de l'accord de Paris, le 6 octobre 2016 (CHRISTOPHE PETIT TESSON / MAXPPP)

Le 12 décembre 2015, Laurent Fabius refermait d'un coup de marteau la COP21. L'accord de Paris, premier accord universel sur le climat, était approuvé par 195 délégations. Moins de onze mois plus tard, vendredi 4 novembre, il entre en vigueur, ratifié par 97 pays, représentant 67% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le point de départ de nouveaux développements.

Des efforts diplomatiques

En décembre 2015, les négociateurs de l'accord de Paris penchaient plutôt pour une entrée en vigueur en 2017, voire en 2018. Tour de force diplomatique : moins d'un an plus tard, la Chine, les États-Unis et l'Inde, les trois principaux émetteurs de la planète, l'ont ratifié... eux qui n'avaient pourtant pas ratifié le protocole de Kyoto signé en 1997.

"C'est un jour magnifique et historique, a commenté Ségolène Royal vendredi, se targuant de ce succès diplomatique. Ce jour vient conclure des années d'efforts. N'oublions pas que le premier sommet sur la planète s'est déroulé en 1992. Il en a fallu du temps !" a conclu la ministre de l'Écologie et présidente de la COP21. 

Lundi débutera à Marrakech la COP22, nouvelle conférence sur le climat. Les pays commenceront alors à discuter de la mise en œuvre de l'accord de Paris. D'ici là, Ségolène Royal estime qu'une vingtaine d'autres pays l'auront ratifié. Même si la France remet les clés de la négociation au Maroc, la ministre promet qu'elle conservera une responsabilité dans les négociations. Elle s'est notamment engagée à écrire à tous les pays qui n'ont pas encore signé le texte, afin de les inciter à franchir le pas. La Russie n'a par exemple jamais ratifié l'accord.

De réels progrès

L'entrée en vigueur de l'accord de Paris envoie un signal politique et un signal d'espoir. Lors de la COP21 en décembre, tous les pays, à l'exception de trois ou quatre, sont arrivés avec un plan pour réduire leurs émissions... bien loin de l'état d'esprit qui avait dominé la conférence sur le climat de 2009 à Copenhague (Danemark).

Dans son sillage, l'accord de Paris a poussé d'autres instances à prendre des engagements. Ainsi en France l'aviation civile a-t-elle promis de compenser les émissions de CO2 de ses avions. Le transport maritime mondial travaille quant à lui à mesurer son niveau de pollution.

Les pays ont également promis de limiter rapidement leurs émissions d'hydrofluorocarbures (HFC), très mauvais pour le climat et présent par exemple dans nos climatisateurs. Les investissements dans les énergies renouvelables ont dépassé des records et deviennent plus rentables que certains investissements dans le charbon. 

Des incertitudes

Ce joli tableau ne doit pas faire oublier qu'au niveau mondial, les émissions de gaz à effet de serre continuent d'augmenter. Les pays sont toujours en quête de pétrole, de gaz ou de charbon, même s'il leur faut pour cela aller jusqu'en Arctique ou au beau milieu de la forêt amazonienne. L'Organisation des nations unies (ONU) a rappelé jeudi que, malgré l'accord de Paris, la planète s'expose à une hausse des températures de 2,9 à 3,4°C d'ici fin 2100. 

En retard sur ses voisins en matière de développement des énergies renouvelables, la France non plus n'est pas exemplaire. Dans son projet de budget 2017, le gouvernement a renoncé à taxer l'électricité produite par les centrales à charbon. Il suffirait de peu de choses pour casser le bel élan climatique de l'accord de Paris. Le 8 novembre, les États-Unis choisissent leur nouveau président. L'élection du climatosceptique Donald Trump serait un coup dur : le républicain a fait savoir en mai dernier qu'il souhaitait annuler cet accord.

COP21, la suite : les explications d'Anne-Laure Barral
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